Croquettes vs barf

Croquettes vs barf

Croquettes vs BARF

Alimentation industrielle (croquettes) ou alimentation “naturelle” de type Raw feeding / BARF (Biologically Appropriate Raw Food, ou Bones And Raw Food) : le dĂ©bat oppose deux camps, mythe et rĂ©alitĂ© s’y mĂ©langent souvent.

Le régime BARF

BasĂ© sur la consommation de viande et d’os crus, sans cĂ©rĂ©ales ni produits transformĂ©s, il cherche Ă  se rapprocher de l’alimentation naturelle des canidĂ©s sauvages, notamment du loup. Ses quatre grands principes (Billinghurst, 1993) : une base d’os charnus crus, une majoritĂ© voire une totalitĂ© du rĂ©gime cru, un maximum de variĂ©tĂ© hors os charnus, et un Ă©quilibre visĂ© sur plusieurs repas plutĂŽt que sur un seul.

Les bĂ©nĂ©fices avancĂ©s par ses partisans : absence de tartre, moins d’odeur, moins de parasites, systĂšme immunitaire renforcĂ©, crottes plus petites, meilleure musculature, moins de problĂšmes de croissance, risque de torsion rĂ©duit, beau pelage, plaisir de manger. Leurs griefs contre les croquettes : trop transformĂ©es et cuites, peu de viande rĂ©elle, prix parfois supĂ©rieur au cru, manque de contrĂŽle sur les ingrĂ©dients rĂ©els.

Ce que répond la médecine vétérinaire

La nutritionniste vĂ©tĂ©rinaire Lisa M. Freeman a dĂ©montĂ© dix mythes du BARF (2009), condensĂ©s ici : ses bienfaits reposent sur des tĂ©moignages, pas sur des Ă©tudes scientifiques (les effets positifs sur la peau, par exemple, s’expliquent par des rĂ©gimes riches en lipides, obtenus aussi avec certaines croquettes) ; le rĂ©gime ne correspond pas vraiment Ă  celui d’un carnivore sauvage (les loups ont une durĂ©e de vie bien plus courte, et l’intestin plus court du chien n’empĂȘche pas les infections Ă  salmonelle) ; la congĂ©lation ne tue pas toutes les bactĂ©ries ; les os crus ou cuits peuvent fracturer les dents et obstruer le systĂšme digestif ; la cuisson ne dĂ©truit pas les enzymes nĂ©cessaires Ă  la digestion, elles sont de toute façon prĂ©sentes dans le tube digestif ; les cĂ©rĂ©ales comme le maĂŻs ou le blĂ© apportent protĂ©ines, vitamines et minĂ©raux, sans bĂ©nĂ©fice supplĂ©mentaire des tubercules ; ajouter des os ou des cous de volaille ne suffit pas Ă  Ă©quilibrer un rĂ©gime, qui reste souvent dĂ©ficient en calcium, un risque sĂ©rieux chez le chiot en croissance.

Des études canadiennes (Weese et al., 2005 ; Finley et al., 2008) ont documenté une contamination bactérienne fréquente des rations crues commerciales (salmonelles, résistances aux antibiotiques), avec un risque de zoonose pour le chien comme pour les humains de son foyer.

La position du formateur

Le chien est un carnivore Ă  tendance omnivore, opportuniste, y compris charognard. La mĂ©decine vĂ©tĂ©rinaire a considĂ©rablement allongĂ© et amĂ©liorĂ© sa durĂ©e de vie : les maladies ne sont pas plus nombreuses qu’avant, elles sont simplement mieux diagnostiquĂ©es aujourd’hui. Il met en garde contre les effets de mode marketĂ©s des deux cĂŽtĂ©s, “sans cĂ©rĂ©ales” compris : le problĂšme n’est pas le taux de cĂ©rĂ©ales en soi, mais le taux d’amidon (sucres complexes), nĂ©cessaire Ă  la fabrication de toute croquette. Les fabricants “sans cĂ©rĂ©ales” remplacent l’amidon de cĂ©rĂ©ales par de l’amidon de pomme de terre ou de patate douce, un amidon dont l’index glycĂ©mique aprĂšs cuisson est mĂȘme plus Ă©levĂ© : le “sans cĂ©rĂ©ales” est donc souvent un argument marketing, pas une amĂ©lioration rĂ©elle.

Ses critĂšres pour choisir de bonnes croquettes

Viande dĂ©shydratĂ©e en premier ingrĂ©dient, taux global de protĂ©ines au-dessus de 31% avec un ratio de protĂ©ines animales supĂ©rieur Ă  85%, taux d’amidon sous les 25%, aucun arĂŽme artificiel ni colorant, taux de glucides annoncĂ© et sous les 30% (Ă  dĂ©faut, calcul possible : 100 − % protĂ©ine − % lipide − % cendre − % humiditĂ© − % cellulose), fabrication française comme gage de sĂ©curitĂ© supplĂ©mentaire.

Sa position sur le “naturel”

Deux options sĂ©rieuses existent pour une alimentation naturelle : prĂ©parer soi-mĂȘme les repas avec des produits de consommation humaine achetĂ©s chez le boucher ou en grande surface, idĂ©alement avec un programme Ă©tabli par son vĂ©tĂ©rinaire ; ou, dans une moindre mesure, du BARF industriel, dont il ne voit pas l’intĂ©rĂȘt sanitaire rĂ©el puisque les Ă©tudes ne montrent aucune sĂ©curitĂ© supĂ©rieure aux croquettes sur la chaĂźne de production.

Conclusion

Chaque type d’alimentation a ses avantages et ses inconvĂ©nients. L’essentiel est de choisir en connaissance de cause, sans se laisser guider uniquement par le marketing.