Est-il un carnivore ?
DĂ©truisons dâabord un mythe : le chien nâest pas un carnivore strict, mais un carnivore non strict, Ă tendance omnivore.
Deux familles de carnivores
Les vrais carnivores (FĂ©lidĂ©s : tigre, lion, chat) ont des canines et prĂ©molaires tranchantes dominantes, des molaires broyeuses rĂ©duites voire caduques, et se nourrissent presque exclusivement de proies. Les autres carnivores, dont les CanidĂ©s (chien, renard), les UrsidĂ©s (ours) et les MustĂ©lidĂ©s, sont plus ou moins omnivores : tĂȘte allongĂ©e, molaires broyeuses plus nombreuses, alimentation mĂȘlant matiĂšres vĂ©gĂ©tales et animales. Lâours illustre bien ce chevauchement : Ă©quipĂ© comme un carnivore, il est pourtant aussi omnivore ; le panda, lui, appartient phylogĂ©nĂ©tiquement aux carnivores mais se nourrit Ă 99% de bambou.
Vrai / faux sur lâĂ©quipement du chien
Tube digestif relativement court, salive sans enzymes digestives (il avale vite sans mĂ©langer Ă sa salive), mĂąchoire qui ne sâarticule que de bas en haut : ces trois traits sont bien des traits de carnivore, vrai. âLe chien nâa aucun besoin de glucides, il tire lâessentiel de son Ă©nergie des protĂ©ines et des lipidesâ : vrai et faux Ă la fois.
Le rÎle des protéines
Vitales, structurelles et fonctionnelles : croissance, développement et renouvellement tissulaire, cicatrisation, digestion, métabolisme, systÚme hormonal et immunitaire, solidité des muscles et des os. Le chien utilise 25 à 30% de son apport quotidien en protéines rien que pour le renouvellement de sa peau et de son pelage.
Deux catĂ©gories : la protĂ©ine animale, complĂšte (chaĂźne dâacides aminĂ©s entiĂšre, comme la viande), et la protĂ©ine vĂ©gĂ©tale, incomplĂšte (il lui manque notamment arginine, taurine, mĂ©thionine, tryptophane). Les protĂ©ines animales, plus digestibles et plus riches en acides aminĂ©s indispensables, sont donc de meilleure qualitĂ© pour le chien que les protĂ©ines vĂ©gĂ©tales.
Lipides et glucides
Les graisses fournissent des acides gras essentiels, protĂšgent les fibres nerveuses et le corps du froid, permettent lâabsorption des vitamines liposolubles, rendent la nourriture plus appĂ©tente, et soutiennent la santĂ© des reins et du cĆur ainsi que la qualitĂ© du poil et de la peau (omĂ©ga 3 et 6).
Les glucides ne sont pas des nutriments essentiels, mais ils jouent un rÎle métabolique important : apportés en quantité appropriée (moins de 30%), ils fournissent une énergie immédiatement disponible, préservent protéines et graisses pour la construction des tissus, et participent au bon fonctionnement du cerveau.
LâĂ©quipement de lâomnivore
Contrairement aux loups et chiens sauvages, le chien digĂšre les glucides, mais sous conditions (cuisson, petite quantitĂ©) : le pancrĂ©as produit les enzymes nĂ©cessaires, mais une alimentation trop riche en glucides le fait surproduire. Lors de chasses infructueuses, loups et chiens sauvages consomment aussi fruits et lĂ©gumes trouvĂ©s dans la nature. Les molaires postĂ©rieures du chien sont plates, plutĂŽt typiques de lâomnivore, mais il sâen sert peu pour broyer.
La dentition adulte compte 42 dents : 12 incisives, 4 canines, 26 molaires (variable selon la morphologie), dont la taille augmente jusquâĂ la carnassiĂšre puis diminue. Les molaires avant la carnassiĂšre sont fines et coupantes, celles dâaprĂšs sont plates et mamelonnĂ©es pour mĂącher.
Conclusion
Le fond du problĂšme est une classification trop simpliste : carnivore ou omnivore nâest pas une case binaire pour le chien.