À la maison

À la maison

Le chien agressif chez lui

Chez lui, le chien estime avoir droit de regard, d’entrĂ©e et de sortie sur tout ce qui se produit sur son territoire, et vos attitudes renforcent ou non ses rĂ©ponses. L’objectif : un chien qui fait ce qu’il a le droit de faire, sans dĂ©passer les limites.

On ne sanctionne pas un comportement normal

Il est dans son jardin, quelqu’un passe, il aboie : c’est normal. Ce comportement-lĂ , on ne le sanctionne pas. Pour qu’il s’arrĂȘte, sifflez un petit coup : « c’est bien mon Titi, bravo », terminĂ©. Il a prĂ©venu son groupe social. Vous valorisez les comportements normaux, puis vous indiquez que d’autres ne relĂšvent pas de sa dĂ©cision.

La museliĂšre comme mode de vie

En rentrant de balade, n’enlevez pas la museliĂšre tout de suite : laissez-la 5 Ă  10 minutes. Vous le dĂ©tachez, deux ou trois exercices pour que ce soit sympa d’ĂȘtre rentrĂ©, puis vous l’enlevez. Sinon il repĂšre les retours avec museliĂšre et les retours sans, et il se dira qu’il l’a Ă  cause des gens qui entrent.

Quand vous ĂȘtes lĂ , gardez-la aussi parfois deux heures aprĂšs la balade : pas pour le faire vivre muselĂ©, pour qu’elle n’arrive pas que pendant les problĂšmes. C’est comme le collier, un mode de vie. S’il a la museliĂšre, il n’y a plus de pression pour personne : plus personne ne s’énerve, ne l’attrape au collier, ne lui met une laisse en intĂ©rieur (c’est vraiment bizarre de faire ça).

Faire entrer des amis

  1. Retrouvez vos amis dehors, pour une balade. Ils se mettent dans votre aspiration et vous suivent. Le chien en longe renifle les gens et s’imprùgne d’eux.
  2. Vous rentrez tous ensemble. Pris dans la masse, il constate qu’il y a une autorisation d’entrer sur ce qu’il considùre comme son territoire.
  3. Personne ne s’occupe de lui. Pas de bonjour, pas de trucs chelous avec les mains : les amis vous parlent à vous. Ni caresse, ni regard, ni contact.
  4. On le détache et on lui laisse la museliÚre 10-15 minutes, comme en temps normal.
  5. Au bout d’un quart d’heure, si et seulement si la situation est complĂštement apaisĂ©e, qu’il n’y a plus de danger et que vous avez travaillĂ© en amont les autres points, vous pouvez l’enlever. Au moindre risque ou au moindre doute, vous la laissez.

Construire des scénarios

Si vos amis veulent aider : un quart d’heure ou vingt minutes plus tard, tout le monde se lùve et vous repartez dix minutes en balade. Ils lui apportent une balade en arrivant et une balade en partant.

Autre scĂ©nario : les mĂȘmes sonnent alors qu’il est encore muselĂ© au retour de balade. Vous ouvrez, ils entrent, le chien peut faire ce qu’il veut, vous vous rĂ©installez. Il constate qu’on ne lui demande pas son avis et que c’est vous qui dĂ©cidez, sans odeur de peur ni fragilitĂ© dans votre attitude.

Petites astuces d’installation

  • Faites asseoir vos amis sur des tabourets : le chien arrive au niveau de la cuisse, moins impressionnant, et ça Ă©vite les mouvements de recul des invitĂ©s dans le canapĂ©, oĂč il est Ă  portĂ©e de tĂȘte. C’est lĂ  qu’un invitĂ© qui doute ou qui se protĂšge peut le dĂ©clencher.
  • Les premiers temps, si quelqu’un va aux toilettes, levez-vous avec lui. Vous vous arrĂȘtez 3 mĂštres avant, pas besoin d’ĂȘtre un vigile derriĂšre la porte. Le chien comprend que c’est vous qui l’y amenez, donc que vous l’avez acceptĂ©.

Étape 2 : le chien qui va au contact

Un chien hostile qui va au contact, ça ne s’arrĂȘte pas : vous devez le stopper et lui indiquer qu’il fait mal. La bouteille d’eau. C’est non. Le chien s’arrĂȘte. Le vrai secret : arrĂȘtez-vous aussi, calmez-vous et ne faites rien d’autre. Votre invitĂ© s’installe, plus personne n’est fĂąchĂ©.

Je ne veux pas qu’un invitĂ© soit Ă©gal au panier, et je veux banaliser : « tu n’y es pas autorisĂ©, je te punis. Tu stoppes ton mauvais comportement, je stoppe le mien, la vie reprend. » S’il va se coucher et que 10 ou 15 minutes passent sans rien, vous ĂȘtes sur la voie.

Ce qu’on Ă©vite : la bataille du « au panier » qui dure 5 minutes alors qu’il n’y a plus de problĂšme depuis 5 minutes, et le chien se dit qu’à cause de cet invitĂ© il se retrouve dans une tempĂȘte avec son maĂźtre.

Faire bouger les invités

Demandez Ă  votre ami de se lever. S’il ne redĂ©clenche pas : qu’il fasse le tour de la table, vienne vous rejoindre, retourne Ă  sa place. Ces petits mouvements font comprendre qu’il peut y avoir du mouvement dans une maison et qu’il n’est pas autorisĂ© Ă  le rĂ©gir. Vous ne sanctionnez que les mauvais comportements, sur l’instant prĂ©cis, puis on redevient normal : sinon le chien ne comprend jamais.

Le panier, seulement si c’est son choix

Le panier se conçoit pour un chien gĂȘnĂ© par trop de mouvements ou trop de monde : rĂ©servĂ©, pas forcĂ©ment agressif, il demande qu’on le laisse respirer. Ne confondez pas ce chien-lĂ  avec celui qui ne supporte plus personne.

S’il a besoin de calme, il prendra l’option du panier de lui-mĂȘme. Ce n’est pas Ă  vous de l’y envoyer. S’il la prend, demandez aux gens de ne pas aller vers son panier : si tu vas lĂ  et que tu ne fais rien, ça me va. Plus il verra de monde, plus il rĂ©clamera du contact. On le laisse avancer Ă  sa vitesse.

MĂȘme logique avec une autre piĂšce : donnez-lui l’accĂšs, porte ouverte, on n’enferme pas le chien, et dites aux gens de ne pas y entrer.

Le chien qui fait du bruit mais ne mord pas

Beaucoup de chiens paraissent hostiles sans mordre. Les gens rentrent, on le laisse faire son cinĂ©ma 3 minutes, puis on enlĂšve la museliĂšre et on joue : vous donnez un jouet Ă  quelqu’un, il l’envoie, le chien va le chercher, le redonne, on le renvoie, avec tous les invitĂ©s.

Attention : uniquement une fois qu’il s’est calmĂ©, et seulement si vous ĂȘtes certain qu’il fait beaucoup de bruit mais ne mord pas. C’est grĂące aux invitĂ©s que le jeu dĂ©marre, donc ils sont bĂ©nĂ©fiques pour lui.

Le point d’équilibre

La rĂšgle de vie : mon chien n’a pas le droit de manger les gens qui viennent chez moi. Ce que je peux entendre, c’est que tu ne supportes pas encore le monde, parce que ça t’use et que c’est anxiogĂšne pour toi. Alors je te propose ton panier, oĂč aucun invitĂ© n’ira, ou une piĂšce porte ouverte. Et quand tu iras mieux, plus je t’aurai fait voir du monde, moins tu en auras besoin.

C’est l’ensemble du dispositif qui fonctionne : votre problĂ©matique est plus large qu’une vidĂ©o.

Ce qu’on ne fait pas

Si on enlĂšve dĂ©jĂ  tout ce qu’on ne doit pas faire, 50 % du travail est fait.

  • On ne l’isole pas dans une piĂšce, porte fermĂ©e, quand quelqu’un arrive : il conclut qu’à chaque coup de sonnette il reçoit la punition extrĂȘme.
  • On ne lui met pas le collier et la laisse Ă  l’arrivĂ©e de quelqu’un pour le tenir dans la maison : c’est la premiĂšre fois de sa vie, et pendant que vous dites « rentrez, je vous en prie », vous le chauffez et vous lui dites qu’on va faire un carnage.
  • Pas de « couchĂ© » arrachĂ© pendant que les gens entrent, qu’il grogne et qu’il aboie, avec dix minutes d’excitation pour l’obtenir : il retient qu’à chaque arrivĂ©e on prend la tĂȘte.
  • Le « au panier » Ă  l’arrivĂ©e de quelqu’un ne tient que si vous le demandez aussi quand entre quelqu’un qu’il connaĂźt et qu’il aime. Si on ne demande rien Ă  maman qui rentre du travail mais qu’au voisin c’est « au panier, attention Ă  toi si tu bouges », la premiĂšre chose qu’il voudra faire, c’est bouger.
  • Mettre la museliĂšre quand les invitĂ©s arrivent : jamais de la vie. Ça sonne, « viens lĂ , clac, museliĂšre » : punition = invitĂ© = museliĂšre. D’oĂč le fait de sortir d’abord, de rentrer avec la museliĂšre dĂ©jĂ  en place, et que tantĂŽt il y ait des invitĂ©s, tantĂŽt personne.

Au dĂ©but, pendant 15 jours, 3 semaines, voire un mois, organisez-vous Ă  l’avance : quel jour on fait venir qui. N’y allez pas Ă  la desperados.

L’escroquerie qui ne marche pas

Essayer d’acheter le chien, l’offrande Ă  l’arrivĂ©e : « tiens, un gĂąteau pour toi ». Ça ne marche pas, ça ne peut pas marcher. Il est fĂąchĂ©, il a envie d’en dĂ©coudre, et en plus les gens le rĂ©compensent d’ĂȘtre comme ça.

Ce qui peut marcher : il s’apaise, et lĂ  un gĂąteau, Ă  la rigueur, dans certains cas, pourquoi pas. Dans les premiers temps, je pense que c’est une erreur, parce que ça trouble sa capacitĂ© Ă  observer le monde. Et encore moins au moment des prĂ©sentations : sur un chien dĂ©terminĂ©, la museliĂšre rend dĂ©jĂ  la remise du gĂąteau galĂšre, et l’invitĂ© qui s’y prend ainsi va d’arriĂšre vers l’avant, donc il se projette sur le chien sans s’en rendre compte. Ça, on ne le fait pas.

Les invités qui prennent trop la confiance

Ceux qui disent « t’inquiĂšte, j’ai l’habitude, je vais le caresser » nuisent Ă  la rééducation. On a besoin, dans un premier temps, de gens qui snobent le chien : aucune marque d’intĂ©rĂȘt.

Pareil de chien Ă  chien : face Ă  un chien rĂ©actif, la plus grande force de l’autre est de snober, de renifler, de passer Ă  cĂŽtĂ© et de partir vivre sa vie. C’est ce chien-lĂ  qui oblige l’autre Ă  s’interroger, pas celui qui lui casse la figure. On ne rĂ©pond pas Ă  la violence par la violence.

50 %, c’est tout ce que vous devez enlever ; 50 %, c’est tout ce que vous devez mettre en place. Tout mettre en place sans enlever ce qui ne va pas ne peut pas marcher, et inversement.