Avoir un chien guide

Avoir un chien guide

Le chien guide

Puisqu’on parle souvent de mimĂ©tisme, abordons le chien guide : celui qui pourrait montrer Ă  votre chien comment ça se passe avec les humains.

Est-ce que ça peut fonctionner ?

Oui, et mĂȘme trĂšs bien. L’exemple typique : votre chien est un peu concon, et Ă  cĂŽtĂ© il y a des gens avec l’autre chien, on le caresse, on s’amuse, on est content. Le chien qui est lĂ  dĂ©gage des odeurs de plaisir et de bonheur, et le vĂŽtre les capte et se dit que finalement, le contact avec les humains a l’air cool.

Ça peut fonctionner si le chien qui apprend est dans un Ă©tat Ă©motionnel qui lui permet de comprendre la situation. Au tout dĂ©but, vous ne pouvez pas fonctionner comme ça : il est Ă©motionnellement beaucoup trop dĂ©connectĂ© pour saisir ce qui se passe. Dans un second temps, c’est parfaitement faisable.

En rue

On peut aussi utiliser ce chien-là en rue : vous le mettez devant, le vître le suit, et il se rend bien compte que celui qui est devant n’a aucun souci avec les humains, qu’il marche, qu’il s’en fiche et qu’il ne calcule rien.

MĂȘme condition : ça n’est utile que si le chien qui est derriĂšre est dans un Ă©tat Ă©motionnel, physique et mental qui lui permet de voir et de comprendre ce qui se passe. Sinon vous aurez un chien complĂštement en folie, qui veut doubler le premier, qui court partout, qui s’excite, qui percute des humains, et qui ne capte pas le message. Pour fonctionner par mimĂ©tisme, il faut au moins observer, et pour observer, il faut ĂȘtre dans un Ă©tat d’esprit qui permette l’observation.

Est-ce que ça marche sur tous les chiens ?

Non, parce que certains chiens prennent aujourd’hui modùle sur les humains et pas sur les chiens. Ce sont les joies ou les peines de la domestication, chacun le verra comme il veut.

Sur 10 chiens qui ont un problĂšme, il y en a 7 qui ont des problĂšmes avec les congĂ©nĂšres et 3 avec les humains : la proportion de chiens en difficultĂ© avec les humains est bien plus faible. De mĂȘme, il y a Ă©normĂ©ment de chiens, et de plus en plus, qui prĂ©fĂšrent jouer avec les humains plutĂŽt qu’avec leurs congĂ©nĂšres.

Prenez du recul : ni vous ni moi n’avons le droit de dire si c’est bien ou pas bien. Un chien qui prĂ©fĂšre jouer avec les humains n’est pas un chien malheureux : c’est un chien qui vit avec des humains et qui s’est calquĂ© sur eux, avec un lien d’appartenance plus fort qu’avec ses congĂ©nĂšres, qu’il ne cĂŽtoie pas 24 h/24 et avec qui il ne vit pas les mĂȘmes expĂ©riences. Ce qu’on demandera Ă  ce chien-lĂ , c’est simplement de se comporter normalement avec les autres chiens, c’est-Ă -dire de ne pas leur faire de mal, et il jouera avec les humains sans que ça pose de souci. Inversement, un chien qui prĂ©fĂšre ses congĂ©nĂšres pour jouer plutĂŽt que les humains, du moment qu’il ne fait pas de mal aux humains, n’a pas de problĂšme non plus.

Les chiens ont tous leur tempĂ©rament et leur personnalitĂ©, et on n’est personne pour exiger des choses. Combien de gens disent « mon chien ne joue pas avec les chiens, je veux qu’il aille jouer » et essaient de le forcer ? Jamais de la vie.

Il a le droit de ne pas aimer

Ça s’applique Ă  presque tout ce que vous ferez avec votre chien. Certains adorent tel sport canin ; d’autres, avec le mĂȘme apprentissage fait de la mĂȘme façon, n’aiment pas. On vous dit souvent que s’il n’aime pas, c’est que ça a Ă©tĂ© mal fait. Non : parfois, tout simplement, il n’aime pas, parce qu’il prĂ©fĂšre faire autre chose. Ça s’appelle le goĂ»t, c’est comme pour vous : ce que vous n’aimez pas, votre voisin l’aimera plus que ce que vous aimez.

La plupart des troubles du comportement partent Ă  la base d’un Ă©lĂ©ment complĂštement banal. Exemple : vous faites de l’agility, il s’en fiche, ce qu’il veut c’est renifler et aller jouer avec les chiens sur le cĂŽtĂ©. Deux options :

  1. Le contraindre, le forcer : c’est comme ça qu’on rend un chien agressif, avec les chiens, avec les humains, avec tout ce que vous voulez.
  2. Se dire que ce n’est pas pour nous tout de suite : on va jouer avec les chiens, et peut-ĂȘtre que dans six mois ou un an, quand il sera rassasiĂ© de chiens, on rĂ©essaiera.

C’est vrai pour l’ensemble des sports canins, du plus technique au plus banal. Si vous comprenez ça, vous Ă©viterez tous les « tu dois le faire coĂ»te que coĂ»te », parce que ça n’existe pas.

En résumé

Le chien guide est une bonne idĂ©e, mais il ne doit pas arriver Ă  n’importe quel moment de la procĂ©dure : vous devez impĂ©rativement avoir d’abord un chien qui a compris et qui a retrouvĂ© un Ă©tat Ă©motionnel normal.

Et le chien guide ne peut jamais se substituer Ă  vous ni Ă  ce que vous mettez en place. Il ne faut pas rĂȘver : tous ceux qui vous disent « j’ai un chien, il va tout faire, tu peux aller dormir », je vous encourage plutĂŽt Ă  partir. Le chien peut ĂȘtre une aide prĂ©cieuse, mais votre chien a aussi besoin de savoir comment fonctionne le monde des humains, avec les rĂšgles des humains, avec votre attitude et ce que vous dĂ©gagez.

C’est un travail en collaboration : on a créé les races de chiens pour travailler en collaboration avec l’ĂȘtre humain, alors on ne va pas dĂ©cider d’un coup qu’il se dĂ©brouille tout seul et rĂšgle les problĂšmes pendant qu’on dort.