En ville

En ville

Travailler la réactivité congénÚre en ville

Le piĂšge de la ville

Vous ne pouvez pas rĂ©gler la rĂ©activitĂ© congĂ©nĂšre en ville si vous n’avez pas fait avant l’énorme travail de faire comprendre Ă  votre chien que les autres chiens ne sont ni une menace, ni mĂ©chants, et ne vont rien lui apporter de nĂ©gatif. En ville il ne peut pas jouer avec eux : il n’a donc jamais le cĂŽtĂ© “un chien, ça peut ĂȘtre cool”.

Sinon, votre seule arme est de vous Ă©nerver, Ă -coups un peu durs sur le collier, sanction, punition : tu veux y aller pour jouer, tu n’as pas le droit ; pour le tuer, tu n’as pas le droit ; et en plus je te punis parce que tu as vu le chien. Il n’y a jamais rien de bien.

La double laisse

Une fois tout le reste bien fait, circulez en double laisse, Ă  deux personnes.

  • Moins de pression : vous arrĂȘtez de chercher les chiens Ă  la place de votre chien.
  • Deux fois plus de force pour le tenir. Quand il fait 30, 40 ou 50 kilos, Ă  deux c’est plus simple.
  • Il est au milieu de vous deux : ça ne l’empĂȘchera pas de dĂ©clencher tant que le travail d’avant n’est pas fait, mais ça permet de le rĂ©cupĂ©rer sans changer le sens de votre marche.
  • Quatre yeux : la communication entre chiens va trĂšs vite, et une deuxiĂšme personne capable de la lire voit ce qui va gĂȘner le vĂŽtre.

Ce qui le gĂȘne, la plupart du temps, c’est son incapacitĂ© Ă  lire les chiens : celui d’en face appelle au jeu, il s’énerve ; il ne fait rien, il s’énerve. Quand vous voyez ça, mon premier conseil est de repartir le socialiser ailleurs qu’en ville.

Si vous ĂȘtes piĂ©gĂ© et obligĂ© d’y aller alors que la resocialisation n’a pas avancĂ©, elle permet de marcher sans contourner, sans dĂ©tourner, sans changer de direction : autant d’erreurs en moins, et rien qu’en les enlevant vous amĂ©liorez son comportement.

Il redĂ©couvre aussi la ville et ses sons, et y voit des chiens, peut-ĂȘtre beaucoup. Un seul, il s’énerve ; 5, 10 ou 15 dans la balade, il finit par se fatiguer et arrĂȘter de gueuler. Ce moment-lĂ , sautez sur l’occasion pour le rĂ©compenser. Il faudra le faire, le refaire et le re-refaire.

Quand la resocialisation avance

Il lit de mieux en mieux les chiens et s’énerve de moins en moins, sans ĂȘtre un agneau : il garde son caractĂšre. Vous commencez alors Ă  lui indiquer ce que vous acceptez et ce que vous n’acceptez pas.

On marche, on passe devant les chiens. Quand il se comporte bien, on rĂ©compense. Quand il se comporte mal, vous sortez la bouteille d’eau et vous le sanctionnez en continuant d’avancer. Par pitiĂ©, continuez d’avancer : si vous vous figez, vous lui demandez de combattre. Avec le sourire, pas fĂąchĂ©, ce qui est plus facile Ă  deux face au regard des gens. MuselĂ© et attachĂ©, il ne peut pas faire de dĂ©gĂąts : il n’y a pas de risque.

Encore une fois, ça ne marche que s’il a croisĂ© 15, 20, 30 ou 40 chiens avant sans sanction, qu’il a appris Ă  communiquer avec eux et qu’il a pu faire ses balades.

Quand il commence Ă  renifler

D’habitude il ne renifle mĂȘme pas : mĂąle ou femelle, il s’en fiche, parce qu’il ne sait pas ce qu’il y a en face. Il commence Ă  renifler et Ă  les regarder quand il a chopĂ© des odeurs en ville, peut-ĂȘtre une femelle en chaleur.

Alors : on s’apaise, on avance, on se met en bout de bras. “Allez mon pĂ©pĂšre, on avance”, “oui, c’est trĂšs bien”, on rĂ©compense. Pas de coup, parce qu’au premier coup que vous mettez, il va partir.

Lui donner un pote

Trouvez-lui un pote ou une copine, avec qui il joue en dehors de la ville. Ensuite, en ville : non, tu ne joues pas. Comme c’est un chien qu’il aime bien, il n’interprĂ©tera pas mal ce non et comprendra que c’est un interdit qui vient de vous, et pas du chien. C’est trĂšs important qu’il soit ami avec le chien que vous amenez.

ConcrĂštement : une balade avec les deux cĂŽte Ă  cĂŽte, il prend exemple sur l’autre. À la fin, 10 ou 15 minutes dans un parc ou une forĂȘt, longe, et vous les laissez s’amuser 5 minutes. Il comprend que ce ne sont pas les chiens qui lui interdisent de jouer, et que les mĂȘmes chiens croisĂ©s en forĂȘt, il pourra jouer avec eux. Choisissez toujours le mĂȘme chien, son pote.

Repasser Ă  une seule personne

Petit à petit, la deuxiÚme personne détend la laisse et vous passez de plus en plus seul au milieu des chiens.

  • Petite bĂȘtise : un petit coup de bouteille en disant non, vous l’aspergez un peu, il revient.
  • Pas de bĂȘtise : bravo pĂ©pĂšre.

Le “bravo pĂ©pĂšre” arrive une fois que votre chien a dĂ©crochĂ© le regard de l’autre chien, ni trop tĂŽt ni trop tard : tant qu’il a la tĂȘte tournĂ©e vers lui, pas de rĂ©compense. DĂšs qu’il a coupĂ© son point de regard : “c’est bien mon pĂ©pĂšre”, une petite rĂ©compense, et on avance.

S’il se dĂ©cale de lui-mĂȘme

Votre chien est Ă  votre gauche, un chien arrive de son cĂŽtĂ©. S’il se dĂ©cale de lui-mĂȘme, un peu peureux ou sans envie de contact avec un gros chien, vous ne le repositionnez pas du cĂŽtĂ© oĂč il Ă©tait : “ouais, c’est bon, tranquille, c’est bien ça”. Vous le rĂ©compensez d’avoir cherchĂ© une autre solution que de s’énerver ou de casser la gueule. Surtout, on ne le remet pas de force.

La museliĂšre, toujours

Tout le travail se fait muselĂ© : aucun risque pour l’autre chien, et surtout pas de pression pour vous Ă  devoir vous Ă©carter en vous disant “mon Dieu, s’il le mord, c’est foutu”.

C’est long, et vous ne maütrisez pas les autres

Ça va durer, parce qu’en parallĂšle vous menez la resocialisation. Et vous ne maĂźtrisez pas les chiens d’en face : certains aboient, gueulent, n’ont pas beaucoup de respect non plus. Au vĂŽtre, dĂ©jĂ  un peu gaillard ou Ă  cheval sur la discipline, il faudra dire : quand tu es insultĂ©, on s’en fout, on avance.

C’est compliquĂ©, mais c’est la seule voie pour qu’il arrĂȘte de se faire des ulcĂšres et ait une vie tranquille et heureuse. Le travail continue ensuite avec l’ordre “reste”, qui vous permettra de passer certains chiens quand le vĂŽtre sera curieux et voudra aller renifler.