Le cadre de travail avant de commencer
Avant dâattaquer lâagressivitĂ© humaine, il faut poser un cadre et une relation de travail entre vous et moi pendant toute la formation.
Savoir reconnaĂźtre ce quâest rĂ©ellement lâagressivitĂ©
Tous les comportements gĂȘnants ne sont pas de lâagressivitĂ© :
- Un chien qui ne dĂ©clenche jamais sur les humains, sauf quand un humain quâil ne connaĂźt pas lui caresse la tĂȘte, nâest pas un chien agressif : câest un humain qui nâa pas su quoi faire dans ce cas-lĂ . Vous nâavez pas le droit dâagir.
- Un chien qui aboie au grillage ou au portail nâest pas forcĂ©ment agressif : il vous dit que quelquâun passe.
- Un chien qui mordille ou qui pince parce que son niveau dâexcitation est trop haut ne veut pas mordre : il Ă©vacue de la pression, et la premiĂšre façon pour un chien dâĂ©vacuer de la pression, câest par la mastication, par la gueule. Beaucoup de chiens Ă des niveaux dâexcitation trĂšs hauts vous sautent dessus, vous arrachent un t-shirt, et ne sont pas mĂ©chants du tout : ils ont un surplus Ă©motionnel.
Ces chiens-lĂ ne relĂšvent pas de cette formation, mais la formation rĂ©glera le problĂšme, parce quâune vidĂ©o leur est consacrĂ©e.
On ne pioche pas dans la formation
Vous ne pouvez pas prendre ce qui vous arrange. Si je vous dis dâaller en forĂȘt et dâaller en ville, vous ne pouvez pas dĂ©cider que la ville ne vous concerne pas : le fait dâaller en ville va rĂ©gler la forĂȘt, et le fait dâaller en forĂȘt aidera pour la ville.
Le cercle vicieux du repli
LâagressivitĂ© se dĂ©veloppe et ne fait quâaugmenter parce que vous vous ĂȘtes renfermĂ©, sur vous et sur votre chien, parce que vous ĂȘtes terrorisĂ©. Ce nâest pas votre faute. Celui qui allait en ville nây va plus ; celui qui se promenait Ă 14 h se promĂšne maintenant Ă 2 h du matin.
En choisissant ces solutions, vous permettez Ă votre chien de conclure quâil nây a plus dâhumains sur Terre, et vous renforcez ses rĂ©ponses. Il se dit : « toutes mes rĂ©ponses aux humains fonctionnent, donc la prochaine fois il faudra ĂȘtre encore plus fort, encore plus intimidant, encore plus dangereux. » Et Ă mesure que ses rĂ©ponses augmentent, vous vous excluez tous les deux de plus en plus de la sociĂ©tĂ©.
La rechute
Vous faites trois jours au top, avec des avancĂ©es incroyables, et le quatriĂšme jour il redĂ©conne sur quelque chose. Ăa ne remet rien en cause : les trois jours bien faits restent trois jours bien faits.
Demandez-vous plutĂŽt : quâest-ce quâon a fait de moins ? Quâest-ce quâon a fait de diffĂ©rent, ou vu de diffĂ©rent ? Servez-vous de la rechute non pas comme une rĂ©gression mais comme une progression, parce que câest pendant la rechute que vous avez pu indiquer Ă votre chien la bonne marche Ă suivre.
Souvent les gens montent, montent, parce que tout va bien, et au moindre Ă©lĂ©ment qui redĂ©conne câest comme si la vie sâarrĂȘtait. Elle ne sâarrĂȘte pas. Votre chien rĂ©apprend Ă comprendre le monde qui lâentoure, et ce monde est tellement variĂ© quâil y aura forcĂ©ment de nouvelles situations : il y appliquera peut-ĂȘtre ses anciennes recettes avant de faire la mise Ă jour.
ArrĂȘter lâĂ©preuve de force
Vous allez dĂ©couvrir des exercices concrets, mais aussi que vous utilisez presque systĂ©matiquement lâĂ©preuve de force, y compris les gens trĂšs gentils. Vous prenez la laisse au collier, vous faites rentrer la personne : « rentre, rentre, je le tiens. » Câest une Ă©preuve de force, et ces moments-lĂ disent Ă votre chien : on va les bouffer ensemble.
Si vous comprenez que par ce comportement vous faites passer le message inverse de celui que vous voulez, tout va changer. Ce que vous allez mettre en place de nouveau va changer la vie de votre chien, mais ce que vous allez arrĂȘter de faire aussi, et les deux sont presque aussi importants lâun que lâautre.
Le volume de travail
Ne vous lancez dans cette formation que si vous avez conscience que pendant un mois, un mois et demi, vous allez vivre, manger et dormir pour votre chien. Ăa va prendre du temps, ça va ĂȘtre fatigant, il y a du travail, mais Ă la fin ça paye. Ayez-en conscience dĂšs le dĂ©part pour ne pas ĂȘtre surpris par le volume de travail Ă fournir.