L'importance de dépenser son chien

L'importance de dépenser son chien

Dépenser son chien avant tout le reste

Cette leçon est exactement la mĂȘme que celle du chapitre consacrĂ© Ă  l’agressivitĂ© envers les humains : si vous l’avez dĂ©jĂ  travaillĂ©e lĂ -bas, le principe est identique ici.

Pour avoir un chien qui comprend ce qu’on va lui demander, il faut d’abord pouvoir le dĂ©penser correctement. La premiĂšre chose Ă  mettre en place, c’est de le remettre sur un seuil Ă©motionnel stable. Tous les chiens qui sont agressifs humains aujourd’hui ont des seuils Ă©motionnels instables, parce qu’ils ne se dĂ©pensent pas assez, parce qu’ils ne font plus assez de choses, parce que leur vie est devenue beaucoup trop difficile et compliquĂ©e. Tant que ce premier problĂšme n’est pas rĂ©solu, on ne peut pas travailler sur le second.

Cette rééducation doit ĂȘtre condensĂ©e. Vous ne pouvez pas espĂ©rer tenir ce que vous allez faire sur 10 ans : vous devez avoir des amĂ©liorations rapidement.

Changer les habitudes de vie

Attention à la nuance : je vous parle de comment on dépense son chien, je ne suis pas en train de dire que ce sont les habitudes que vous allez devoir prendre pour le sortir.

  • Le vĂ©lo. Vous franchirez beaucoup plus de kilomĂštres qu’à pied, et vous ĂȘtes tenu par le temps : vous avez un travail. Sortez Ă  des horaires oĂč vous ne croiserez personne ou quasi personne : 5 h, 6 h, 7 h du matin si c’est un endroit peu frĂ©quentĂ©.
  • La course Ă  pied, en le tenant, dans les champs, dans un parc, dans un bois.
  • La balle, avec un lanceur : en 15-20 minutes il parcourt de grandes distances. LĂ  encore, un endroit oĂč il n’y a personne, aucun risque pris.

L’idĂ©e est de lui offrir chaque jour, au minimum, le besoin physique dont il a besoin pour ĂȘtre stable. Une fois ce rythme trouvĂ©, vous pourrez commencer le travail mental (Ă  quelle heure on sort, comment on s’y prend, oĂč on va, quelle technique on utilise), mais ce socle-lĂ , vous devez le garder.

Une dépense normale, pas une machine de combat

Il ne s’agit pas de le rendre hyper endurant ni hyper rĂ©sistant, ni de lui faire faire 200 km tous les matins pour qu’il soit tellement Ă©puisĂ© qu’il ne comprenne plus rien. L’idĂ©e est de respecter le chien comme s’il n’avait aucun problĂšme.

Un malinois bien dans sa tĂȘte et dans sa peau aura besoin de ses 5-6 bornes le matin pour ĂȘtre Ă  peu prĂšs bien physiquement. Un mastiff de 100 kilos, avec ses 2 kilomĂštres le matin, aura sans doute fait ce qu’il avait Ă  faire. Ensuite seulement, on passe Ă  la tĂȘte.

Pourquoi c’est la clĂ©

Un chien qui est en cocotte-minute parce qu’il ne sort pas assez s’ennuie, et quand il s’ennuie il mordille : un pied de chaise, puis une table, puis vos mollets. Et vous, toute la journĂ©e, c’est non, non, non. Plus vous dites non, plus vous faites monter la tension. Lui est dĂ©jĂ  trĂšs haut, vous le faites monter encore, ça explose, et vous ne rĂ©glerez jamais rien.

S’il est bien intellectuellement, la premiĂšre bĂȘtise, la deuxiĂšme, la troisiĂšme, il sera en mesure de comprendre la sanction. Et ensuite le plan B : qu’est-ce que tu pourrais faire quand tu t’ennuies, plutĂŽt que de manger ma table ? Il sera capable de dire “ok, ça je n’ai pas le droit, je vais prendre ça”. Pour l’agressivitĂ©, c’est la mĂȘme chose.

Ce que ça implique pour vous

Quelqu’un qui a tout fait correctement depuis le dĂ©part, ou qui a Ă©tĂ© bien aiguillĂ©, fait juste ça, sa vie normale : 1 h 30 de balade tranquillement, pas tous les jours, une promenade en ville, et il est tranquille. Vous, pour permettre Ă  votre chien d’avoir un jour cette vie normale, vous allez devoir passer par lĂ  et ajouter des blocs de travail. Vous ne pouvez pas passer Ă  cĂŽtĂ©, et si vous ne le faites pas tous les jours, ça ne peut pas fonctionner.

Et si vous voyez un professionnel

Si vous consultez un Ă©ducateur canin pour votre chien et que c’est compliquĂ©, demandez-vous toujours s’il vous a expliquĂ© que le chien devait se dĂ©penser. Un Ă©ducateur qui ne vous en parle jamais, qui prĂ©fĂšre durcir le ton ou distribuer les saucisses Ă  volontĂ© (dans les deux cas c’est mauvais) sans jamais proposer de commencer par 30 minutes Ă  courir, Ă  jouer, Ă  envoyer la balle sur un terrain avant de travailler 30 minutes, passe Ă  cĂŽtĂ© de l’essentiel.

Si vous vous lancez Ă  l’aventure en essayant d’expliquer des choses Ă  un chien qui est dans un Ă©tat explosif intellectuellement, vous n’y arriverez jamais.

Et rappelez-vous : ça ne durera pas. Vous ne pouvez pas tenir ce rythme-lĂ  sur 3 ans, et ce n’est pas le but. Le but, c’est que dans 10 ou 15 jours vous ayez dĂ©jĂ  les premiers rĂ©sultats, une vie meilleure avec un chien plus apaisĂ©, plus stable, plus calme, et qu’ensuite vous puissiez amĂ©nager ce programme.