La banalisation des rencontres

La banalisation des rencontres

Banaliser les rencontres

Banaliser les rencontres, c’est dire Ă  votre chien : arrĂȘte de trouver les autres chiens extraordinaires, uniques, des chiens avec lesquels tu ne pourras jamais interagir ni jouer. Parce que plus il se dit ça, plus son anxiĂ©tĂ© monte, plus son niveau d’énervement monte, et plus on se retrouve avec le chien rĂ©actif en laisse.

Le réactif en laisse

Beaucoup de gens me disent : je le dĂ©tache, aucun souci ; je le mets en laisse, il me fait des crises de nerfs. Pourquoi ? Parce qu’il sait qu’en laisse il ne peut pas les voir. Et comme il n’en voit pas assez en dehors de ces moments-lĂ , il se dit qu’à chaque fois qu’il voit un chien, il faut impĂ©rativement qu’il y aille. C’est comme ça que commence le rĂ©actif en laisse : il prend un coup, ensuite il peut associer le chien Ă  un problĂšme, et ainsi de suite.

L’idĂ©e, c’est de lui dire : tu dois voir des chiens, donc tu vas en voir, et on va t’en prĂ©senter.

Toutes les races, tous les sexes, tous les endroits

Depuis une dizaine d’annĂ©es, un phĂ©nomĂšne consiste Ă  rester entre races et Ă  organiser des balades par race. Je n’ai rien contre une balade d’une mĂȘme race une fois par mois ou une fois tous les deux mois, ça ne me pose aucun problĂšme. Ce qui me pose problĂšme, c’est quand ce comportement est banalisĂ© et reproduit beaucoup trop souvent.

Pour moi, la balade la plus utile pour un chien, surtout si vous voulez qu’il apprenne Ă  lire ses congĂ©nĂšres, c’est multiplication des races diffĂ©rentes, multiplication des sexes, multiplication des endroits.

Pourquoi ? Parce qu’un berger australien ne communique pas comme un bulldog anglais : ils n’ont pas la mĂȘme face, pas les mĂȘmes rides, pas la mĂȘme façon de faire. Un akita fait encore diffĂ©remment, un cane corso aussi, un malinois encore. Le mode de communication de l’espĂšce canine n’est pas universel.

Ce que ça change concrÚtement

Nous, les humains, avons fait des couillonnades qui ont obligĂ© les chiens Ă  s’adapter. Il y a ceux qui naissent sans queue, par exemple : ils n’ont plus cet outil de communication. Si votre chien est habituĂ© Ă  ne voir que des chiens qui ont une queue, le jour oĂč il en croise un qui n’en a pas, il lui manque un Ă©lĂ©ment : gentil, pas gentil ? Il ne comprend plus rien.

S’il n’a jamais vu de chien brachycĂ©phale (type bouledogue français, bouledogue anglais, avec la tĂȘte un peu Ă©crasĂ©e), il va se dire que celui-lĂ  est super mĂ©chant, parce qu’il fronce, un peu comme un chien qui dĂ©plie les dents. Simplement parce qu’il n’a jamais vu une tĂȘte comme ça. C’est comme ça que naissent les conflits.

On s’ouvre au monde

MĂȘme si on adore sa race, ce n’est pas illĂ©gal d’aller discuter et de faire des balades avec d’autres chiens et d’autres races. C’est ça qui fait la diversitĂ© et l’enrichissement de votre chien : qu’il soit bien dans sa tĂȘte et qu’il n’ait aucun problĂšme de lecture quel que soit le chien en face.

Et pour finir : plus vous lui en prĂ©sentez, plus il se dit “bon, ça reste un chien”. Donc si vous lui dites de ne pas aller voir celui-lĂ  parce qu’on est en ville, ce n’est pas un drame, parce qu’il sait qu’il en reverra 15 ou 20 dans dix minutes ou un quart d’heure.