La bouteille d'eau

La bouteille d'eau

La bouteille d’eau

Le moyen de sanction que je vous propose, c’est une bouteille d’eau. Vous faites un petit trou dedans, et à chaque fois que vous dites non, vous mettez la bouteille en direction du chien et vous l’aspergez.

Pourquoi ça marche

L’effet recherchĂ©, c’est la surprise. Un peu comme quand vous ouvrez la baie vitrĂ©e alors qu’il pleut : la plupart des chiens foncent, se rendent compte qu’il pleut et repartent en arriĂšre. L’eau ne leur fait pas du tout mal, ils sont simplement surpris et Ă©tonnĂ©s. Et ces mĂȘmes chiens qui n’osent plus sortir sous la pluie sont les premiers Ă  se baigner.

On joue donc sur l’effet de surprise, l’impact psychologique et l’étonnement. On ne veut surtout pas jouer sur les peurs, on ne veut pas crĂ©er un trouble, on ne veut surtout pas que ça lui fasse mal. On veut que ça le surprenne, que ça l’interpelle, qu’il se dise “oh merde” et qu’il se retourne.

Les dangers de la bouteille d’eau

  1. S’en servir tout le temps, beaucoup trop souvent. Et si vous ne respectez pas toutes les Ă©tapes dĂ©crites avant, la bouteille d’eau ne fonctionnera pas.
  2. S’en servir pour autre chose que ce pour quoi on l’utilise ici, Ă  savoir le moment oĂč le chien dĂ©clenche sur un humain ou sur un chien.
  3. Ne pas ĂȘtre bien dans le timing. Un non, on arrose le ciel, et c’est le bordel. D’oĂč le fait de respecter les timings et les Ă©tapes de travail, pour arriver au moment oĂč vous pouvez vous en servir correctement.
  4. Ne pas ĂȘtre pĂ©dagogue. Certains n’auront mĂȘme pas besoin de la bouteille d’eau. L’important est de fonctionner de façon pĂ©dagogique du premier jour jusqu’au moment oĂč vous l’intĂ©grez, pour qu’il y ait un apprentissage linĂ©aire : que le chien comprenne ce que vous attendez de lui, que vous respectiez ses besoins psychologiques et physiques, que vous lui permettiez de trouver des solutions, de rĂ©flĂ©chir, d’apprendre Ă  travers vous et Ă  travers son environnement.

C’est un outil de sanction qui accĂ©lĂšre un peu son apprentissage et qui lui permet de rebasculer plus vite du bon cĂŽtĂ©.

Ce qu’on cherche à provoquer

Ce qui est intĂ©ressant, c’est la tĂȘte du chien qui se retourne vers vous : “qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce que tu as fait, je n’ai pas compris”. Vous l’obligez Ă  se recentrer sur lui-mĂȘme et sur ses actions : pourquoi mon maĂźtre a fait ça, quand est-ce que ça arrive, quand est-ce que ça n’arrive pas, comment je peux l’éviter. Vous mettez le doute sur ses propres actions, et il commence Ă  rĂ©flĂ©chir.

Il passe, il voit l’humain ou le chien, il se dit “j’y vais ou j’y vais pas”.

  • Il n’y va pas : pas de bouteille d’eau, et en plus rĂ©compense. On valorise le fait de ne pas y aller, et on enlĂšve ce qui pourrait le gĂȘner.
  • Il y va : ça apparaĂźt au moment oĂč il y va. “Comment je vais pouvoir l’éviter ? Je n’y vais plus. Et en plus, je n’ai pas la rĂ©compense quand je fais ça.”

Voilà comment on sort d’un cercle vicieux pour en faire un cercle vertueux.

La punition doit venir de vous

D’abord, ça montre au chien qu’il n’y a pas de cris, pas de hurlements, pas de violence.

Ensuite, il faut que ce ne soit pas une punition sortie de nulle part. Le chien a besoin de savoir qui punit. Si vous prenez la bouteille d’eau sans lui montrer, si vous l’envoyez dans les airs et qu’il la reçoit sans savoir d’oĂč ça vient, il va ĂȘtre sur le qui-vive de son environnement, il va commencer Ă  avoir peur de l’environnement, et pas de ses actions.

Alors que si c’est vous qui l’avez, s’il se retourne et qu’il vous voit avec, c’est vous qui punissez, et vous, vous punissez une action. Parce que votre chien sait que vous n’ĂȘtes pas dangereux pour lui. Ça change tout.

Ce n’est que 5 % du travail

C’est une aide, un accĂ©lĂ©rateur de comportement. C’est 5 % de tout le travail que vous allez faire.

  • Si vous commencez par lĂ , vous perdrez.
  • Si vous vous en servez tout le temps, vous perdrez.
  • Si vous vous rendez compte que ça marche trĂšs bien et que vous commencez Ă  asperger dans tous les sens, pour un aboiement, pour un couchĂ© qui ne se fait pas, vous perdrez.

Une fois en place, vous aurez un chien qui, ayant rĂ©flĂ©chi Ă  ce qu’il fait, ne dĂ©clenche plus et se pose les bonnes questions. Et la rĂ©compense que vous lui donnerez prendra aussi de la valeur, parce qu’il y a une diffĂ©rence entre quelqu’un qui en balance toute la journĂ©e pour tout et n’importe quoi, et quelqu’un qui lui donne de la valeur parce qu’il peut aussi exister des punitions.

Ne tremblez pas devant les mots

DĂšs qu’on dit punition ou sanction, il y a toute une vague de gens qui pensent brutalitĂ©, force physique. Ça n’existe pas. Personne ne doit ĂȘtre brutal, personne ne doit utiliser la force physique.

Une sanction peut ĂȘtre surprenante. Elle peut ĂȘtre frustrante : vous sortez, il aboie, vous rentrez, pas de balade. Dans votre cas de figure ce n’est pas ce qu’il faut faire, mais pour d’autres, voilĂ  la punition : tu as aboyĂ©, on est rentrĂ©. C’est une punition, et il n’y a rien de physique dedans.

Pour l’eau, c’est pareil : c’est la surprise, l’étonnement. Soyez surprenant, soyez Ă©tonnant pour votre chien, soyez rapide et prĂ©cis sur le timing. D’oĂč le fait que parfois il faut ĂȘtre deux : un qui tient la laisse et qui gĂšre, l’autre qui sanctionne, si c’est compliquĂ© parce que le chien est trĂšs lourd ou trĂšs fort.

La rĂšgle, une derniĂšre fois

La bouteille d’eau ne sert que s’il dĂ©clenche. S’il part, s’il renifle, s’il va prendre des odeurs, s’il ne vous obĂ©it pas, s’il ne revient pas : Ă  aucun moment vous ne vous servez de la bouteille d’eau. Vous ne vous en servez que si vous constatez le mauvais comportement par un dĂ©clenchement et de l’agressivitĂ©. C’est le seul moment.