La protection de ressources avec un chiot

La protection de ressources avec un chiot

Le chiot qui garde sa gamelle ou son os

On l’appelle protection de ressources avec un chiot, mais on n’en est pas encore tout Ă  fait lĂ , mĂȘme si ça y ressemble beaucoup. C’est un Ă©lĂ©ment trĂšs important, parce que ça arrive systĂ©matiquement. Voici deux exemples concrets de ce qu’il faut faire, et surtout de ce qu’il ne faut pas faire.

Premier cas : la gamelle

Le chiot arrive, il a deux mois. Vous lui prĂ©sentez sa gamelle, et lĂ , un sauvageon : il met les pattes dessus, on ne peut pas y toucher, il grogne, il montre les dents. Peu importe si c’est la faute de l’éleveur : il y a quelque chose, il a peut-ĂȘtre manquĂ© de nourriture.

La plupart du temps, vous allez le prendre par la peau du cou et l’envoyer deux mĂštres plus loin, ou le dĂ©gager et lui enlever sa nourriture. LĂ , vous faites une erreur. Ce n’est pas un cas de figure oĂč il faut y mettre la main, c’est un cas de figure oĂč il faut comprendre pourquoi il fait ça. Si vous enlevez la nourriture Ă  un chiot qui en a manquĂ©, vous crĂ©ez un besoin encore plus grand de manger : plus les jours passent, plus ça empire, parce qu’il s’énervera davantage Ă  l’idĂ©e que ça disparaisse.

Ce qu’on fait Ă  la place : on le noie de nourriture, des dizaines de gamelles partout, jusqu’à ce que ça lui devienne banal et qu’il comprenne que sa vie a changĂ©. Il se comportera moins mal, et vous pourrez alors le caresser et rajouter des petits morceaux de poulet dans sa gamelle de croquettes, posĂ©s juste Ă  cĂŽtĂ© pour qu’il dĂ©croche de la gamelle et vienne les manger sous vos yeux. C’est ainsi qu’on enlĂšve la pression du petit pĂšre qui avait peur de manquer.

Deuxiùme cas : l’os à mñcher

Vous passez Ă  cĂŽtĂ© de son os et vous entendez le joli son de sa voix : il n’est pas content. La chose la plus importante Ă  faire, prendre son amour-propre et le mettre dans la poche, c’est le plus dur.

Version positive, en deux temps :

  1. Sortir de la situation : vous montrez un morceau de poulet, il lùche son os, vous le récupérez.
  2. Banaliser votre prĂ©sence : vous vous asseyez avec le chiot, dans son panier mĂȘme, vous le caressez sans rien lui reprendre. Vous lui donnez un bout de poulet, puis un autre, en restant tranquille. Puis, sans Ă -coup, vous reprenez l’os un instant et vous le lui rendez aussitĂŽt.

L’idĂ©e : je ne veux surtout pas t’enlever quelque chose, je te rajoute des trucs, et mĂȘme quand je rĂ©cupĂšre ce que tu veux, je te le rends tout le temps. En reproduisant ce genre de choses 2, 3, 4, 5 fois d’affilĂ©e, vous rĂ©glez le dĂ©but des emmerdes, c’est-Ă -dire le dĂ©but d’une protection de ressources qui peut devenir pĂ©nible au quotidien.

L’autre voie : le raccourci Ă©ducatif

Vous avez aussi la version express : vous lui en mettez une, il ne grogne plus, vous rĂ©cupĂ©rez l’objet. Deux chemins s’ouvrent alors, et je ne vais pas vous mentir.

Premier chemin : le chien ne grognera plus et vous donnera, Ă  vous, l’objet. Mais si quelqu’un d’autre passe Ă  cĂŽtĂ©, il va le dĂ©couper : il aura peur de vous et compris votre mĂ©canique, mais seulement la vĂŽtre.

DeuxiĂšme chemin : le chien se dit “je n’en ai rien Ă  foutre ; dĂšs que je serai plus grand, ou si je peux te mettre en difficultĂ©, je vais te choper, et si fort que tu vas t’en rappeler”. C’est le plus grand problĂšme, parce que ça veut dire que vous et l’ensemble de votre famille ĂȘtes en danger.

Le choix

D’un cĂŽtĂ©, la pĂ©dagogie : prendre le temps de montrer au chiot les bons comportements. Ce n’est pas se soumettre Ă  son chien, c’est notre rĂŽle d’adulte face Ă  un petit qui se trompe encore de façon de voir les choses. De l’autre, le raccourci Ă©ducatif, qui se sĂ©pare en deux voies : “j’ai compris, je lĂąche tout” (attention tout de mĂȘme Ă  votre famille), ou pire, “je vais grandir et je vais t’éclater”.

C’est un choix de chemin. Mon choix est fait : la pĂ©dagogie. Elle ne veut pas dire ĂȘtre trop gentil ni trop mĂ©chant, mais ĂȘtre juste, fiable et prĂ©visible avec le chiot que vous venez de rĂ©cupĂ©rer. On avance sur la base d’un partenariat : vous ĂȘtes l’adulte, il est petit, et c’est vous qui lui montrez ce qu’il doit apprendre Ă  voir.