Le danger de l'obéissance

Le danger de l'obéissance

Le danger de l’obĂ©issance

On prend toujours ce raccourci, et c’est une grossiĂšre erreur : penser que l’obĂ©issance va rĂ©gler tous les problĂšmes de comportement. En rĂ©alitĂ©, elle peut accĂ©lĂ©rer la comprĂ©hension du chien, mais elle ne pourra jamais, Ă  elle seule, rĂ©gler ses problĂšmes de comportement.

Le raccourci éducatif

Un Ă©ducateur canin installe souvent d’entrĂ©e la marche en laisse, le couchĂ©, le “pas bouger” au point que le chien ne doive presque plus respirer, histoire de vous permettre de dire bonjour Ă  la personne qui arrive. Si ce raccourci fonctionnait, ça se saurait. Vous pouvez maintenir le chien immobile en lui disant “pas bouger” parce que vous lui faites encore plus peur que ce qui approche, mais vous ne le sortez pas de son anxiĂ©tĂ©, de son Ă©tat Ă©motionnel. En exigeant l’obĂ©issance sans avoir fait le travail prĂ©alable, vous durcissez le ton, et vous dites en substance au chien qu’il sort d’une vie pĂ©nible pour entrer dans une nouvelle vie pĂ©nible.

L’obĂ©issance a sa place, mais seulement aprĂšs des Ă©tapes intellectuelles et psychologiques respectĂ©es. En premiĂšre intention, elle ne peut pas fonctionner.

Les mots sont devenus des signaux d’alerte

Un chien rĂ©actif a associĂ© tous les mots Ă  un problĂšme qui arrive ou va arriver. Vous repĂ©rez un humain au loin, “pas bouger” : le chien cherche aussitĂŽt la menace, parce que chaque demande de votre part a toujours prĂ©cĂ©dĂ© une galĂšre.

  • Le “pas bouger” devient “mets-toi en alerte”.
  • Le couchĂ© devient “quelque chose va passer”.
  • Le rappel au pied, qui n’intervient que dans les galĂšres, devient “oĂč est la cible ?”.

Vous mettez votre chien en position de combat chaque fois que vous lui demandez quelque chose.

D’abord on enlùve les mots

On oublie donc l’obĂ©issance dans un premier temps, on tire un trait dessus, et on change la façon de penser du chien et votre propre façon de faire. On ne rĂ©intĂšgre les mots qu’ensuite. Vos chiens perdent au fil du temps le plaisir de faire des choses avec vous, parce que tout ce qui touche aux mots finit rattachĂ© Ă  un problĂšme.

Comment repositiver les mots

Utilisez ces mots en dehors de tout moment conflictuel. Il ne se passe rien : “pas bouger” ; il va chercher au dĂ©part, mais il n’y a rien ; “c’est bien”, un gĂąteau, “va t’amuser”. On rend l’obĂ©issance sympathique et agrĂ©able.

Ne soyez pas avare en rĂ©compense, mĂȘme au prix de devenir “le distributeur Ă  nourriture” Ă  ses yeux : ce n’est pas grave, tant qu’il vous perçoit comme sympa. Ce n’est pas non plus lancer des gĂąteaux en l’air pour rien : on demande, et on positive ce qui a Ă©tĂ© demandĂ©.

L’ordre reste toujours le mĂȘme : d’abord on enlĂšve tout, l’attitude et l’état d’esprit doivent changer ; ensuite on repositive les mots, hors conflit ; et seulement Ă  la toute fin, si besoin, on s’en sert dans une vraie situation.