Lâordre « reste »
Si vous attaquez lâordre « reste », câest que vous avez dĂ©jĂ fait toutes les autres Ă©tapes : le chien est maintenant curieux, il a envie de dĂ©couvrir la vie et dâaller voir comment ça se passe. Sauf que vous vous retrouvez un peu piĂ©gĂ© par cette amĂ©lioration, parce quâon ne peut pas toujours le laisser aller renifler tout le monde.
Pour Ă©viter les Ă -coups sur le collier, Ă©viter de se fĂącher et Ă©viter de mettre une pression qui redĂ©clencherait votre chien, on utilise lâordre « reste ».
Pour toute la partie technique, lâapprentissage Ă©tape par Ă©tape, reprenez la formation dĂ©diĂ©e Ă lâĂ©ducation de base. Ici, on aborde oĂč on lâapprend et dans quelles circonstances.
En rue, sans humains
Une fois quâil connaĂźt lâordre, commencez Ă le travailler en rue quand il nây a pas dâhumain. Le message au chien : on va travailler dans un endroit oĂč on nâa jamais fait dâobĂ©issance, parce quâavant tu Ă©tais trop relou et il y avait trop de choses Ă surveiller. « Reste, bravo. Reste, bravo », trĂšs tranquillement.
Câest un « reste » un peu diffĂ©rent : dans lâapprentissage classique, la finalitĂ© est un chien capable de rester Ă la jambe sans laisse. Ici, on veut amĂ©liorer sa capacitĂ© Ă rester Ă la jambe en laisse, puisquâon est en rue. Câest comme si vous preniez les exercices jusquâau 4, puis quâune petite branche partait sur le cĂŽtĂ© : 4.1, 4.2, 4.3, 4.4, pour augmenter le niveau du « reste » en laisse, parce que câest ça qui est axĂ© sur votre problĂšme.
Avec des objets au sol
Ensuite, on travaille avec un petit gĂąteau, de petites choses au sol ou un jouet. Vous marchez, « reste », « câest bien mon Titi ».
Attention Ă ne pas confondre avec le « pas toucher ». Quand on fait du « reste », on se met Ă 50 cm ou 1 mĂštre de ce que vous avez posĂ© au sol : je ne veux pas un chien qui ne touche pas, je veux un chien qui reste lĂ . Il veut partir, « reste », il recale la tĂȘte, on avance, « câest bien mon pĂ©pĂšre ». On rĂ©cupĂšre les objets, on sâamuse un peu avec lui, câest bouclĂ©.
Avec un humain quâil adore
On attaque ensuite les humains, mais pas nâimporte lequel : quelquâun quâil adore plus que tout, peu importe qui.
Il voit son humain prĂ©fĂ©rĂ© arriver, vous le tenez en laisse : « reste ». Il va faire la samba, il va danser, il est trĂšs content. « Reste. Tu restes. » On travaille le « reste » sur quelquâun de content, pour quâil nâassocie pas la reprise Ă quelque chose de nĂ©gatif.
- Sâil ne reste pas : « non », un petit Ă -coup, on continue le « reste ». Il nâa pas sa rĂ©compense.
- On refait un deuxiĂšme passage : « reste ». Sâil reste, il a sa rĂ©compense, et en plus il va voir la personne quâil adore : câest la grande fiesta, les grands bisous.
Reproduisez ça avec plusieurs personnes quâil aime bien, dans plusieurs situations diffĂ©rentes : pas toujours la mĂȘme rue, pas toujours la mĂȘme heure, pas toujours le mĂȘme endroit. Mais systĂ©matiquement au calme, sans autres humains qui pourraient perturber son apprentissage ou sa perception de ce que vous faites : il ne faut jamais quâil entende un « non » ou sente un petit Ă -coup sur la laisse et quâil se dise que câest la faute de lâhumain quâil vient de voir.
En ville, avec du monde
Quand ça va plutĂŽt pas mal, on arrive gentiment en ville, lĂ oĂč il y a du monde. Nâattendez pas que les gens passent au ras : vous marchez, « reste, câest bien mon Titi, reste, câest bien mon Titi ». Vous lui apprenez le « reste » dans un environnement riche, mais sans personne qui passe tout de suite Ă proximitĂ©.
Puis, de temps en temps, quand il y a un peu de monde sur les cĂŽtĂ©s : « tu restes, tu restes », et on rĂ©compense alors quâil y a de la vie autour. Il sâhabitue Ă Ă©couter et Ă faire des choses au milieu de la vie.
Et surtout, quand il ne peut pas aller renifler, plutĂŽt que de mettre un Ă -coup qui le ferait dĂ©clencher et rechuter : si vous le voyez partir, « hĂ© pĂ©pĂšre, tu restes, hein ? Tu restes. Ouais, câest trĂšs bien mon pĂ©pĂšre, ça. » Et tout le monde est souple.
De temps en temps, laissez-le quand mĂȘme aller renifler. Ne lui faites pas un « reste » chaque fois quâil veut aller vers un humain : il nâest pas con, il finirait par trouver que ça sent bizarre. Laissez-le partir, aller regarder, et surtout renifler les odeurs au sol. Mettez de la variĂ©tĂ©.
En forĂȘt, puis plus du tout
Petit Ă petit, quand il maĂźtrise, on attaque le « reste » en forĂȘt, oĂč on a plus dâespace : vous marchez, « tu restes », on a passĂ© un humain. Ensuite on enlĂšve la laisse et on met la longe, parce quâon commence Ă avoir un peu confiance : « allez, tu restes », et on rĂ©compense. Sâil en est capable Ă ce niveau-lĂ , câest quâil est beaucoup plus stable : il nâa plus envie dâaller voir les gens ni de leur faire des histoires, et câest pareil pour les chiens.
Vous pourrez alors arrĂȘter de lui dire « reste », parce que ça y est, il sâest ouvert au monde. Mais on conserve toujours la museliĂšre pour le moment, parce quâon veut arriver Ă quelque chose oĂč vous, vous ĂȘtes zen.
Jamais la bouteille dâeau pour un « reste »
Ne faites pas la connerie de sortir la bouteille dâeau parce quâil nâa pas obĂ©i Ă un « reste ». La bouteille dâeau sanctionne les mauvais comportements quand le chien est rĂ©actif Ă quelque chose, rien dâautre. Sâil ne fait pas le « reste » comme il faut, câest quâil faut repartir Ă lâentraĂźnement, revenir un peu en arriĂšre et se remettre Ă bosser.
Pourquoi cet ordre
Câest un accĂ©lĂ©rateur et un facilitateur de vie et dâapprentissage pour le chien, mais aussi pour vous. On parle beaucoup du chien, et on oublie que les maĂźtres au bout de la laisse sont eux aussi en plein apprentissage et en pleine galĂšre. Le « reste » vous enlĂšve de la pression, vous permet de laisser le chien renifler, et vous donne un moyen de le ramener Ă vous de façon pĂ©dagogique, sans quâil interprĂšte mal quoi que ce soit, en le rĂ©compensant si vous en avez envie.