Le reste

Le reste

L’ordre “reste” avec un rĂ©actif congĂ©nĂšre

La premiĂšre partie est le “reste” du chien rĂ©actif aux humains, dont les exercices de dĂ©part sont dans la formation vie de famille : sans personne autour, reste, et on rĂ©compense. Puis vous passez en extĂ©rieur.

Deux prérequis absolus

Vous ne pouvez faire le “reste” que si vous avez d’abord fait toutes les rencontres chien-chien en forĂȘt dĂ©crites dans les vidĂ©os prĂ©cĂ©dentes. Sinon aucune chance : il part de trop loin, sans contact avec ses congĂ©nĂšres ni habitude de les voir. De l’obĂ©issance sur de l’obĂ©issance sur de la contrainte ne donne rien.

Pendant tous ces exercices, votre chien est systĂ©matiquement muselĂ©. Il n’y a donc pas de danger.

Étape 1 : avec son pote

  1. Ils se rencontrent, vous dĂ©tachez, vous laissez jouer : la pression doit s’évacuer.
  2. Au bout de 5 minutes, on rattache. On se met chacun à 10 mùtres, et c’est parti pour l’ordre reste.
  3. Il reste : parfait, on récompense.
  4. Il ne reste pas : on le ramÚne, on refait un passage, et pas de récompense. Pas de sanction pour le moment : la non-récompense équivaut à une sanction pour le chien.
  5. Une fois le reste parfait, on rĂ©compense, et on peut mĂȘme dĂ©tacher et les laisser rejouer 5 minutes.

RĂ©pĂ©tez jusqu’à ce que ce soit fluide, sans redire 500 fois le mot : collier + laisse, reste dit une fois, ça veut dire rester, ĂȘtre rĂ©compensĂ©, puis avoir le droit de jouer. Sinon on dĂ©tache, ou longe et harnais si l’endroit impose un peu de contrĂŽle.

Étape 2 : trois chiens qu’il ne connaüt pas

Premier chien. Sexes opposĂ©s si possible. Le chien qui vous sert pour l’exercice doit systĂ©matiquement ĂȘtre normal intellectuellement : pas un qui aboie, grogne, dĂ©plie les dents ou surrĂ©agit Ă  chaque passage.

  • Il reste : trĂšs bien.
  • Il ne reste pas : on le ramĂšne, pas de rĂ©compense, et un tour, et un tour, et un tour, jusqu’à une marche en laisse, en reste, sans contact ni dĂ©cision du chien de partir sur l’autre.
  • DĂšs que c’est ok : rĂ©compense, on le met en longe, et on le laisse prendre les odeurs.

À chaque prise d’odeurs, on se met en mouvement, jamais statique Ă  observer la scĂšne. On les laisse jouer 5 minutes, ou au moins prendre un contact, et vous stoppez la prise de contact quand les choses se sont harmonisĂ©es, tranquillisĂ©es.

Pendant ce temps, les deux autres chiens ne sont jamais prĂ©sents visuellement pour votre chien. C’est trĂšs important.

DeuxiĂšme chien. Le premier part en balade, on fait venir le deuxiĂšme, mĂȘme schĂ©ma exactement.

Le schĂ©ma Ă  installer : harnais + longe, tu peux jouer ; collier + laisse, pas de prise de contact volontaire. L’interdit ne doit pas ĂȘtre nĂ©gatif : d’oĂč le dĂ©part avec un pote, et l’autorisation juste aprĂšs l’interdit dĂšs qu’il fait bien. On valorise toujours les actions et les prises de dĂ©cision du chien.

TroisiĂšme chien. MĂȘme stratĂ©gie. Puis, quand vous vous mettez en mouvement, faites rĂ©apparaĂźtre le premier chien et laissez la prise de contact sans ordre reste, pour qu’il ne schĂ©matise pas “un chien = reste”. Un chien = reste quand je suis en laisse courte et au collier.

Le sens de ce que vous faites

Respectez le timing des exercices, et distinguez les moments avec mots de ceux sans aucun mot : c’est l’attitude qui change les choses.

L’ordre : d’abord je te prĂ©sente des chiens pour que tu rĂ©apprennes Ă  les lire ; ensuite je t’expliquerai oĂč tu as le droit d’interagir et oĂč tu n’as pas le droit.

Le vrai danger en rééducation, c’est de s’y prendre dans le mauvais sens. Le dresseur commence en gĂ©nĂ©ral par “tu vois le chien, tu n’y vas pas”, trois Ă -coups, tout interdit, sans avoir travaillĂ© la perception que le chien a de son espĂšce. Le facilitateur de vie ne s’ajoute qu’aprĂšs, quand il la perçoit correctement : il Ă©vite les Ă -coups et les fĂącheries, parce qu’en ville, Ă  mon grand dĂ©sarroi, je ne peux pas te laisser jouer.

Les blocs

L’histoire du bĂ©ton : sur le bĂ©ton, tu ne vas pas voir les chiens ; sur de la terre, de la pelouse, autre chose que du bĂ©ton, tu as le droit, mais seulement en harnais et en longe. Au collier, tu n’as toujours pas le droit.

Ensuite, attaquez le reste en croisant son meilleur pote dans la rue, avec rendez-vous dans un endroit oĂč vous pourrez les dĂ©tacher : “non, tu restes. Excellent, c’est bien mon bonhomme.” BĂ©ton, laisse courte, collier, il ne joue pas. On continue Ă  marcher, le pote peut vous suivre Ă  300 mĂštres. Un petit parc ou une forĂȘt : on dĂ©tache, libertĂ©.

Ce sont des blocs qu’on ajoute : bĂ©ton / terre, collier / harnais, laisse / longe. À chaque fois un bloc, soit sur l’interdit, soit sur l’autorisation. Plus vous serez lisible et cohĂ©rent, plus vite il apprendra, et il apprendra aussi Ă  gĂ©rer ses Ă©motions et Ă  relire les chiens.

Quand intĂ©grer la bouteille d’eau

Le chien comprend de nouveau son espĂšce et saisit les moments oĂč on peut jouer et ceux oĂč on ne peut pas. Parfois il faut un accĂ©lĂ©rateur : moins pĂ©dagogique, mais on ne peut pas faire ça pendant des semaines. On a retirĂ© des Ă©lĂ©ments positifs quand il ne faisait pas bien, jamais ajoutĂ© d’élĂ©ment nĂ©gatif. Cet Ă©lĂ©ment, ça peut ĂȘtre la bouteille d’eau (une bouteille percĂ©e d’un trou, il y a une vidĂ©o entiĂšre dessus).

On l’intĂšgre quand le travail pĂ©dagogique est fait. Avant, vous verrez des rĂ©sultats qui disparaĂźtront trĂšs rapidement. À ce stade, le chien a dĂ©jĂ  fait au moins 50-60 % du chemin vers la rĂ©habilitation.

  1. On prend la laisse en détente, parce que cette fois-ci il doit pouvoir prendre la décision. Et on marche.
  2. S’il part sur le chien alors que vous avez demandĂ© de rester, ou s’il y part de façon hostile : c’est non, et vous lui aspergez un tout petit peu la tĂȘte avec trois gouttes d’eau. Il va vous regarder extrĂȘmement surpris. On avance. Et Ă©videmment, pas de rĂ©compense.
  3. Prochain chien : on ne dit rien, on dĂ©tend tout. Il se demande dĂ©jĂ  s’il y va ou pas.
  4. S’il n’y va pas : “viens mon pĂ©pĂšre”, rĂ©compense.

Le mot est dĂ©sormais toujours suivi de quelque chose, et ce quelque chose doit ĂȘtre impactant et surprenant. C’est impactant parce que c’est surprenant. Pas de violence, pas d’énervement excessif, pas de grands gestes, et encore moins de punition venue du ciel, dont le chien ne peut pas comprendre qu’elle vient de vous.

C’est une collaboration : vous faites 80 % des efforts, mais le chien doit faire ses 20 %.

Ce qu’on veut Ă©viter

Les coups de collier, les accessoires qui font mal, les cris, les Ă©nervements, les gesticulations, et toutes les punitions venues du ciel. Typique : la bouteille jetĂ©e en l’air qui tombe au pied du chien devant un autre chien. Il ne sait ni qui l’a envoyĂ©e ni d’oĂč elle tombe : donc elle n’a pas de valeur.

Le chien cherche des stratĂ©gies : petite laisse, il fonce le plus vite possible sur la cible ; grande laisse, il sait qu’il a plus de latitude. Soyez aussi stratĂ©gique que lui.

C’est aussi comme ça qu’on Ă©limine la bouteille d’eau. Sans violence, elle fonctionne une fois, deux, trois, dix fois, tant qu’elle surprend. Jusqu’au jour oĂč elle ne surprend plus parce qu’elle est devenue banale, parce que le chien prend une douche Ă  chaque balade. LĂ  elle ne fonctionnera plus, et ça devient trĂšs compliquĂ© pour vous.