Les accessoires quâon nâutilise pas
Les accessoires dont on ne se sert pas, et surtout pourquoi. Dire oui ou non, tout le monde sait le faire : ce qui compte, câest la raison.
Le collier Ă pique (torcatus)
Il nâa jamais Ă©tĂ© conçu avec les pics dans la gorge : Ă lâorigine ils Ă©taient inversĂ©s, vers lâextĂ©rieur, pour le protĂ©ger des prĂ©dateurs type loup. Vous nâavez pas le droit de vous en servir sur votre chien.
DeuxiĂšme raison : en rééducation, on gĂ©nĂšre le moins de douleur et de contraintes possibles. On ne dit pas âle monde est beauâ Ă un chien en douleur permanente, en marche en laisse comme au croisement de ce quâil nâaime pas.
TroisiĂšme : vous altĂ©rez ses rĂ©actions. Sâil sait que ça pique, il se met dans une bulle de terreur : il a envie dây aller, il nây va pas, mais rien nâest rĂ©glĂ©, il nâa rien compris. Câest la double redirection.
Le licol
Son principe est de dĂ©tourner la tĂȘte du chien : il ne voit plus ce qui se passe, donc il nây va pas. Or on veut quâil voie et quâil comprenne que son comportement ne sert Ă rien.
DĂ©faut majeur : si votre chien tire trĂšs fort ou sâil est trĂšs nerveux, vous pouvez le tuer en lui faisant le coup du lapin. Vous aurez rĂ©glĂ© la rééducation, mais il sera mort. Cas voisin : celui qui sâuse les cervicales Ă tirer et qui dirige de lâagressivitĂ© parce quâil a mal : deux cas dâagressivitĂ© au lieu dâun. Donc le licol, câest non.
Le collier étrangleur
Câest le seul quâon pourrait arbitrer, mais la rĂ©ponse reste non. Il faut maĂźtriser son environnement et ses actions. Son principe : au calme, tout relĂącher pour donner au chien lâimpression de ne pas avoir de collier ; quand il croise ce qui ne lui plaĂźt pas et quâil tire, une contrainte avec le fameux coup de sonnette, plus lâĂ©tranglement.
Câest compliquĂ© de sâen servir sans erreur, et dur pour le chien de porter au cou un outil qui le remet dans une bulle de terreur. On enlĂšve tous ces outils pour repartir du bon pied, et pour lâimpact psychologique : sa vie dâavant est finie.
Le collier électrique
Câest le collier de rappel. Vous ne pouvez pas mettre un collier Ă©lectrique quand vous avez un chien en laisse. Il ne doit absolument pas servir Ă sanctionner les actions du chien.
Mode opĂ©ratoire : le chien est loin de vous, vous envoyez une dĂ©charge, dâintensitĂ© faible Ă modĂ©rĂ©e, moyenne, et qui peut monter dans les tours. Deux rĂ©actions chez lui. Dâabord : comment mon maĂźtre, qui vient de mâappeler, peut-il me punir alors quâil nây a ni longe ni laisse ? Une punition divine. Ensuite la peur, et si la relation est correcte, il revient entre vos pieds : plus de dĂ©charge, rĂ©compense. Toujours le mot de rappel dâabord, la dĂ©charge ensuite, pour quâil associe : tu nâes pas revenu au mot de rappel, câest pour ça que je tâai puni, et ça sâarrĂȘte quand tu reviens Ă mes pieds, oĂč je te rĂ©compense. Seulement sur un chien qui a une relation forte avec vous : sâil a peur mais ne vous fait pas confiance, il part dans lâautre sens.
LâidĂ©e dâorigine, câĂ©tait lâaprĂšs-longe : en longe, le chien sait quâun cordon vous relie et il revient ; longe enlevĂ©e, si vous nâavez pas bien travaillĂ©, il ne revient pas forcĂ©ment. Le collier sanctionne Ă trĂšs grande distance.
On ne sâen sert jamais pour autre chose. Une dĂ©charge sur un chien qui part sur un humain, et il conclura que ce sont les humains qui lâĂ©lectrisent : deux, trois, dix fois plus hostile. Ou complĂštement rĂ©duit, terrorisĂ©, nâosant plus rien faire. MĂȘme chose avec les chiens. La diffĂ©rence est subtile mais essentielle : seul avec vous, il est puni parce quâil nâa pas obĂ©i au mot de rappel, il comprend sans ĂȘtre altĂ©rĂ© par lâenvironnement ; face Ă un humain ou un chien, il a une cible devant les yeux et conclura que câest la faute de lâautre.
Si on a bien travaillĂ©, on nâen a pas besoin. Dans certains cas de figure extrĂȘmement prĂ©cis, il ne devrait pas ĂȘtre en vente libre et vous ne devriez pas avoir le droit de vous en servir de vous-mĂȘme : allez voir un professionnel compĂ©tent, qui repassera en revue toutes les techniques dâapprentissage du rappel (il y en a une tonne) avant dâĂ©ventuellement conclure quâil est indispensable, parce quâil y a eu trop dâerreurs avant.
Le pet corrector
De lâair comprimĂ© : un bruit quand vous appuyez, censĂ© annihiler un comportement. Il peut, dans certains cas de figure, avoir des utilitĂ©s ; on sâen sert extrĂȘmement peu. CensĂ© rĂ©gler les aboiements, les sauts, quasiment tout, il est loin dâĂȘtre magique.
Le chien sây adapte trĂšs vite : aucun contact, juste un bruit, qui peut mĂȘme lâĂ©nerver ou lâexciter davantage. Et ce nâest pas un objet du quotidien : tout ce qui sort du quotidien est anormal, le chien le capte, se mĂ©fie et analyse, bien plus performant que nous Ă ce jeu-lĂ .
Le clicker
En situation rĂ©elle : votre chien, la laisse, des humains ou des chiens, des rĂ©compenses sâil en faut, et un clicker dans lâautre main. Trop dâĂ©lĂ©ments de langage Ă gĂ©rer.
Rien pour ni contre le clicker en soi : il peut servir Ă apprendre et valoriser des actions comme il peut ĂȘtre mal utilisĂ©. Le clic est un bruit neutre, derriĂšre lequel vous mettez ce que vous voulez : une saucisse, câest positif ; un coup de pied, câest nĂ©gatif. Mais avec des chiens qui ont du tempĂ©rament, moins vous aurez de choses dans les mains, plus vous rĂ©agirez au bon moment. La rĂ©action au bon moment est une des clĂ©s de tout ce que vous allez faire.
La canette
La canette remplie de boulons quâon jette pour que le chien arrĂȘte. En rĂ©activitĂ©, quelle que soit la forme dâagressivitĂ©, câest non : ça nâa pas lieu dâĂȘtre, et toute punition divine est compliquĂ©e.
Vous devez lui expliquer ce qui est bien et ce qui est mal : mieux vaut quâil sache qui dit oui et qui dit non, plutĂŽt quâune canette tombe du ciel, quâil prenne peur et que vous claquiez des mains. Câest trĂšs dangereux : un chien rĂ©actif est dĂ©jĂ dans un Ă©tat Ă©motionnel compliquĂ©, y ajouter des choses qui tombent du ciel est ingĂ©rable. Ce nâest appropriĂ© dans aucun cas de figure : vous fabriquez des chiens anxieux qui ne comprennent rien Ă leur quotidien.
Les vieux outils
Le bĂąton, la sandale, le martinet : ça fait belle lurette quâon ne sâen sert plus.
La rĂšgle Ă retenir
Si un Ă©ducateur canin vous dit quâon se servira obligatoirement de tel accessoire, mĂȘme absent de cette liste, câest non : vous refusez. Sauf sâil vous propose un collier et une laisse, câest le minimum. Rien nâest obligatoire dans lâutilisation ; en revanche il y a des choses obligatoires dans la non-utilisation sur certains cas de figure, parce quâon pourrait faire plus de mal que de bien.
Un chien agressif est anxieux, il vit mal, il voit sa vie comme une guerre. Si vous, vos amis, les Ă©ducateurs canins qui vous aident, les vĂ©tĂ©rinaires, choisissez de faire la guerre Ă la guerre, vous nâaurez que la guerre et le sang. Lui montrer une autre vie vous offrira le droit, ensuite, de lui dire que maintenant ça suffit. La dĂ©marche pĂ©dagogique dâabord ; et sâil y a des moments, en rééducation, oĂč il faut lui dire quâil va dans le mur, vous aurez le droit de le faire, parce que vous vous serez comportĂ© correctement.