Les erreurs d'interprétation

Les erreurs d'interprétation

Bagarre ou simple explication ?

Est-ce que les chiens sont vraiment en train de se bagarrer, ou juste en train de s’impressionner ? Est-ce qu’il y a vraiment un problĂšme, ou pas du tout ? C’est trĂšs compliquĂ© Ă  transmettre en vidĂ©o, mais voici au moins des grandes lignes et des moyens d’action.

Avancez

Si vous voulez limiter les erreurs d’interprĂ©tation : avancez. C’est quand vous restez statique que, la plupart du temps, les chiens engagent un conflit.

En mouvement, la meute est en mouvement, tous les chiens se mettent en mouvement, s’amusent, et ont moins de soucis de positionnement dans leur tĂȘte. RĂ©sultat : il y a beaucoup moins de conflits, et donc les conflits sont plus faciles Ă  lire. Il est bien plus lisible de savoir si un chien est trĂšs fĂąchĂ© contre un autre quand tout le monde avance que quand tout le monde est statique.

Si vous restez statique, tout un tas de petites choses peut intervenir : protĂ©ger un bout de bois, protĂ©ger un endroit oĂč on veut dormir, un chien qui veut se reposer tranquille, un chien qui irait un peu trop loin du cercle formĂ© par votre meute et qu’un autre irait rechercher ou empĂȘcher de revenir. Autant de micro-conflits, beaucoup plus compliquĂ©s Ă  lire pour vous et beaucoup plus conflictuels.

En mouvement, le chien qui ne veut pas d’histoire a toujours un Ă©chappatoire : avancer.

Ne surréagissez pas

La sur-rĂ©action, c’est le premier grognement, le premier aboiement, le premier poil qui se hĂ©risse un peu, et ça y est, c’est la guerre. Ça vous arrive quand vous ĂȘtes statique. Ça n’arrive jamais en mouvement : les gens qui se promĂšnent n’ont jamais aucun problĂšme.

Les chiens ne se bagarrent jamais gratuitement. Il n’y a pas un chien qui se lĂšve le matin en se disant qu’il va Ă©clater tous les autres chiens : ça n’existe pas, au dĂ©part, quand il n’a pas de trouble du comportement. Quand les troubles sont avĂ©rĂ©s et installĂ©s, lĂ  c’est diffĂ©rent.

La premiĂšre rĂšgle d’or : ne pas surrĂ©agir. La plupart du temps, c’est vous qui crĂ©ez le conflit, c’est vous qui offrez une bagarre Ă  votre chien parce que vous surrĂ©agissez Ă  tout. On garde ses nerfs. De toute façon, si le conflit est devant vous, il arrivera quoi qu’il arrive : mieux vaut sortir par la grande porte.

Ce qui n’est pas une bagarre

SĂ©parez bien les situations : le chien qui court aprĂšs un autre chien ; le chien qui gueule un peu parce qu’il dit stop, je n’ai plus envie de jouer. Celui qui ne veut plus jouer peut gueuler, il peut mĂȘme dĂ©plier les dents et claquer des dents. Il n’y a pas de bagarre lĂ -dedans, il y a un moment de communication.

Deux chiens qui se font front, tĂȘte contre tĂȘte, dans une meute en mouvement, ça n’arrive que trĂšs rarement. Je ne dirai pas jamais, ça peut arriver. Quand ça arrive, le mieux Ă  faire, c’est de continuer Ă  avancer. Si vous vous mettez Ă  les regarder et Ă  dire “stop, on arrĂȘte”, ils vont se bagarrer. Alors qu’en avançant, en se dĂ©pĂȘchant, sans que personne ne s’occupe d’eux, vous mettez toutes les chances de votre cĂŽtĂ© pour qu’il n’y ait pas de bagarre.

Enlever les moments merdiques

On arrĂȘte d’envoyer une balle au milieu de 10 chiens, on arrĂȘte de prendre un bĂąton et de dire “allez le chercher”. S’ils sont tous parfaits, il n’y a pas de problĂšme ; s’il y en a un seul qui est un peu con, ça va faire un carnage.

On avance, on profite de sa balade, on ne surrĂ©agit pas, on les laisse communiquer, tout en faisant attention Ă  ce qu’on fait. Rien qu’en enlevant toute cette pression, vous rĂ©duisez de 80 % les conflits entre chiens.