Les jeux de tirages

Les jeux de tirages

Les jeux de tirage

À quoi ça sert ? À une interaction peut-ĂȘtre encore plus forte qu’avec un jeu de balle : vous avez dans la main ce que le chien a dans la gueule. Il y a un vrai lien, une vraie connexion.

Le chien y utilise ce qu’il utilise le plus souvent, sa gueule, et c’est un vrai moment oĂč on peut le monter trĂšs haut et le faire redescendre trĂšs bas, avec du contrĂŽle sur lui-mĂȘme. On lui demande de lĂącher, de prendre, et de temps en temps on le fait gagner, de temps en temps c’est vous qui gagnez.

Il doit gagner aussi

Ça reste un jeu : ne vous acharnez pas. Si vous gagnez tout le temps, c’est nul de jouer avec vous, et si c’est nul, le chien ne joue plus, et ensuite il ne lñche plus. Là, on a de vrais soucis.

“Bravo mon Titi, tu as gagnĂ©, tu es le plus fort.” Le chien vous le rapporte, vous le tend, parce qu’il veut rejouer, parce qu’il prend du plaisir. Et s’il prend du plaisir, il Ă©volue vite : autocontrĂŽles, gestion des Ă©motions, un seuil plus haut.

Les séquences que le tirage travaille

Le tirage travaille des séquences de prédation qui ne sont pas dans le jeu de balle :

  • le dĂ©chiquetage : rĂ©cupĂ©rer et secouer dans tous les sens ;
  • l’attrapĂ©, tout simplement ;
  • le mĂąchouillage : si vous lui laissez son boudin, qu’il est un peu fatiguĂ© et ne veut pas relancer le jeu, il se met trois mĂštres Ă  cĂŽtĂ©, se couche au sol et mĂąchouille. Il Ă©vacue la pression et tout ce qui s’est passĂ©, et il utilise encore une des sĂ©quences de la prĂ©dation.

L’idĂ©e, c’est de lui montrer qu’on peut utiliser ces sĂ©quences, mais en jouant, dans un environnement contrĂŽlĂ©. Ça permet de lui dire : ça, tu peux ; ça, tu ne peux pas.

L’entretien est souvent trùs mal fait

Une fois la mĂ©canique comprise, c’est Ă  vous de l’entretenir. On le fait au dĂ©but, puis plus du tout, et on s’étonne qu’à un an et demi, deux ans, trois ans, le chien fasse des choses qu’il n’avait jamais faites : “c’est bizarre, mon chien est parti poursuivre un truc qu’il a vu passer”. Il fait dĂ©river ce qu’il avait cru comprendre vers d’autres activitĂ©s, parce qu’il ne les fait plus avec vous.

Le risque : la drogue

Tous les jeux, tirage comme lancer, ont une utilitĂ©, Ă  condition de vous en servir intelligemment : ne pas rendre le chien droguĂ© de ce genre d’activitĂ©. Il dĂ©gage des hormones en jouant, tout comme quand il va prĂ©dater rĂ©ellement, et ce sont elles qui auto-renforcent les comportements.

Si vous jouez H24 avec une corde Ă  tirer, il va devenir droguĂ© et ressentir des manques. C’est vraiment une question hormonale, et il devra les assouvir d’une façon ou d’une autre : le jour oĂč vous ne pouvez pas jouer, sa premiĂšre pensĂ©e en balade sera comment assouvir ce manque. Pareil pour le lancer de balle : le jour oĂč vous n’en faites plus du tout, il lui manque sa drogue.

Votre vrai travail de maĂźtre : je te donne cette activitĂ©, mais je suis aussi capable de m’arrĂȘter et de ne pas te la proposer forcĂ©ment tous les jours, parce que je veux que ça reste un jeu, dans un cadre psychologique qui te fasse Ă©voluer, et je ne veux absolument pas que tu deviennes droguĂ© de quelque chose.

Il y a ce qu’on peut faire quasi quotidiennement, Ă  petite dose, oĂč trois jours sans n’est pas la fin du monde. Et il y a ces choses dont trois jours sans donnent l’impression que la vie est terminĂ©e. Le meilleur exemple, c’est moi : deux jours sans sport et j’ai l’impression de n’avoir jamais fait de sport de ma vie, et je disjoncte. Sans doute que j’ai proposĂ© Ă  mon corps et Ă  ma tĂȘte une quantitĂ© de sport trop importante. Pour le chien, multipliez ça par 100 000.

Donc on joue, on ne s’interdit absolument rien : c’est nĂ©cessaire, vous n’avez pas le choix, mais avec un contrĂŽle qui permet au chien de s’épanouir sans devenir droguĂ©. VoilĂ  comment on passe d’un chien qui “fait de la prĂ©dation” Ă  un chien qui n’en fait pas : les sĂ©quences sont dĂ©jĂ  dĂ©coupĂ©es, et Ă  travers chacune on travaille un Ă©lĂ©ment du chien pour lui apprendre Ă  se contrĂŽler et surtout Ă  distinguer les moments oĂč il peut assouvir de ceux oĂč il ne peut pas.