Les lieux de sorties

Les lieux de sorties

OĂč et comment sortir un chien agressif Ă  l’humain

Sortir avec d’autres chiens

Si votre chien est agressif Ă  l’humain mais n’a aucun problĂšme avec ses congĂ©nĂšres, faites des balades en extĂ©rieur, en ville, avec d’autres chiens. Il va fonctionner par imitation : observer le comportement des autres chiens entourĂ©s d’humains, capter les odeurs, l’environnement, se calquer sur eux et commencer Ă  se rendre compte qu’il y a aussi des chiens qui se fichent des humains, et qu’il est peut-ĂȘtre un peu couillon de s’y prendre comme ça.

Les groupes de balades canines organisent des sorties le samedi, le dimanche, le mercredi, Ă  dix ou quinze promeneurs. Il y a toujours dans ces gens-lĂ  des personnes disponibles et agrĂ©ables, prĂȘtes Ă  vous dire : « demain on part en centre-ville et on fait une demi-heure avec les miens, qui sont nickel en centre-ville. » C’est le premier travail Ă  faire, et vous mettez les autres Ă  contribution.

Faites aussi ces balades canines en parc et en forĂȘt : plus il y a de chiens autour de lui, moins il fera attention aux humains, et plus, mine de rien, il supportera la prĂ©sence des autres humains. Il va aussi recommencer Ă  jouer et Ă  s’amuser.

Comme vous allez devoir lui laisser un peu de latitude, je vous encourage Ă  mettre la museliĂšre, au cas oĂč des humains arriveraient en face, pour qu’il ne puisse pas faire de dĂ©gĂąts, et Ă  laisser une longe de 20 mĂštres pour pouvoir le rĂ©cupĂ©rer au moindre doute. Si vous constatez qu’il n’y a jamais aucun dĂ©clenchement pendant plusieurs balades, vous enlĂšverez la museliĂšre et vous saurez qu’avec des chiens, il n’y a jamais de problĂšme.

Tout cela ne vaut que pour les chiens qui n’ont aucun souci avec leurs congĂ©nĂšres. N’allez pas faire ça s’ils ont des problĂšmes congĂ©nĂšres.

La ville, tous les jours

Il faut aller en ville tous les jours : 30 minutes par jour, vous n’avez pas le choix.

En ville, on reste sur le mĂȘme trottoir, on garde la mĂȘme ligne d’avancĂ©e, on ne bifurque nulle part, on marche tout le temps du mĂȘme cĂŽtĂ©, de la mĂȘme façon, sans accĂ©lĂ©rer.

La double laisse et le travail Ă  deux

Sortez à deux, et mettez-le en double laisse : deux laisses attachées au collier, une personne de chaque cÎté.

  1. Vous ĂȘtes deux fois plus forts : si le chien tire, vous ĂȘtes deux Ă  le tenir.
  2. Le chien n’a jamais de cĂŽtĂ© dĂ©gagĂ©. Si un humain arrive et que le chien est du cĂŽtĂ© humain sans personne entre les deux, il y a contact ; Ă  deux, il y a toujours quelqu’un pour stabiliser, calmer et rassurer le chien.
  3. Vous dĂ©gagez beaucoup moins de stress. S’il veut aller d’un cĂŽtĂ©, c’est vous qui le ramenez ; de l’autre, c’est la personne Ă  cĂŽtĂ©. Vous ĂȘtes plus zen, plus serein.
  4. Être deux facilite le regard des gens et votre propre perception de ce qui se passe. Seul avec un chien compliquĂ©, c’est dur : les gens vous regardent mal, ça vous met la pression, et si vous avez la pression vous dĂ©gagez de mauvaises odeurs. À deux, vous avez quelqu’un Ă  qui parler et vous pouvez le rĂ©compenser d’un mot quand il fait bien.

Vous ne changerez jamais d’axe. À deux plus le chien, ce sont les gens qui devront dĂ©caler leur trajectoire, et vous n’avez plus aucun intĂ©rĂȘt Ă  bifurquer puisque le chien n’est jamais du cĂŽtĂ© de l’humain qui arrive.

Les rĂšgles pendant la sortie

  • Vous n’avez jamais le droit de vous arrĂȘter. Toujours la mĂȘme allure, mais toujours en marchant : si le chien crie, on le ramĂšne, mais on continue Ă  marcher.
  • Vous n’avez pas le droit de lui parler, hormis « c’est bien » et « c’est pas bien ». Pas d’assis, pas de couchĂ©, pas de pas bouger, pas de marche en laisse : tous ces exercices ne font qu’accentuer le problĂšme.
  • Une seule personne a le droit de le sanctionner en disant « ça, c’est non » et de le valider, la mĂȘme pendant toute la balade. L’autre sert de gouvernail, d’aide et de conversation, mais n’a droit Ă  rien. La fois suivante, ce sera l’inverse.
  • Pas de rĂ©compenses. Rien. Juste un « c’est bien mon pĂ©pĂšre » et on avance, ou un « c’est pas bien ». Je ne veux pas altĂ©rer la capacitĂ© du chien Ă  comprendre ce qui se passe : il doit prendre les bonnes dĂ©cisions par lui-mĂȘme, sans altĂ©ration du comportement.

Aller en ville quand il y a du monde

Allez en ville quand il y a du monde, pas quand un seul pĂšlerin s’y promĂšne : sinon vous provoquez l’affrontement entre le loup isolĂ©, ce pĂšlerin, et vous. Plus il y a de monde, plus ce sera « facile » pour le chien. Il ne s’agit pas d’aller dans un endroit oĂč il y a 500 000 personnes, mais plus la ville a une vraie vie, plus ce sera simple ; plus les gens sont isolĂ©s, plus ce sera compliquĂ© pour vous et pour le chien, dans un premier temps.

S’ajoute l’effet de mouvement : en ville, il y a des mouvements de meute, et plus il y a de monde, plus ces mouvements sont impressionnants pour le chien et faciles Ă  regarder. Il observe ceux qui viennent vers lui, ceux qui s’éloignent, ceux qui partent en diagonale, et il se rend compte que dans son propre mouvement, d’autres meutes avancent dans le mĂȘme sens.