Les mauvaises pratiques : les attitudes interdites

Les mauvaises pratiques : les attitudes interdites

Les attitudes Ă  supprimer

AprĂšs le dĂ©tournement et le contournement, voici toutes les autres choses qu’il faut Ă©viter de faire. Et vous allez voir qu’en les Ă©vitant, mine de rien, vous faites quelque chose. Les gens ont souvent du mal Ă  le comprendre : il ne faut pas forcĂ©ment mettre quelque chose en application pour que ça change, parfois il faut enlever des choses qu’on fait au quotidien. C’est une notion essentielle.

ArrĂȘtez de fixer la cible

Quand vous marchez avec votre chien, arrĂȘtez de fixer les cibles. La fixation est un des patrons moteurs, une des sĂ©quences de la prĂ©dation. Imaginez ce que votre chien peut penser en voyant son maĂźtre fixer le chien ou l’humain qui arrive.

La laisse : une petite tension continue

On vous dit souvent “laisse dĂ©tendue, tu marches cool et tu ne t’en occupes jamais”. Mais ce sont ceux qui ne travaillent pas avec des chiens compliquĂ©s qui racontent ça : une fois que vous avez travaillĂ© avec un chien difficile, vous savez que vous ne passez pas devant les gens avec la dragonne tranquille et le chien qui peut faire des bonds jusqu’à leur tĂȘte.

Ce que vous pouvez mettre en place : une main sur la dragonne, l’autre main Ă  un endroit prĂ©cis de la laisse, et une petite pression perpĂ©tuelle et continue sur le chien, sauf bien sĂ»r s’il marche correctement en laisse. Le but, c’est qu’il ne puisse plus repĂ©rer les moments oĂč cette petite pression arrive parce que vous passez un obstacle.

Sinon, c’est toujours “vas-y, fais ce que tu veux”, puis dĂšs qu’un chien ou un humain arrive, on embarque tout, on resserre. Le chien n’est pas bĂȘte. Alors que si vous raccourcissez un peu la laisse en disant “la marche en laisse, c’est là”, en lui laissant beaucoup moins d’espace, quitte Ă  ĂȘtre un peu sous tension : sa balade est moins cool, c’est vrai, mais il n’arrive plus Ă  distinguer les bons des mauvais moments. Il arrĂȘtera donc de se dire “c’est un mauvais moment, quelqu’un passe”.

Et rien n’empĂȘche, quand il n’y a personne et qu’il ne se passe rien, de rĂ©compenser de temps en temps, de faire des petits ordres, des petits mots, pour le mettre plus Ă  l’aise. PlutĂŽt que d’essayer de tout dĂ©tendre, ce Ă  quoi vous n’arriverez pas, tendez un peu plus, justement pour qu’il ne sache plus quand il y a un problĂšme.

Ne modifiez pas votre rythme de marche

Quand vous voyez une cible, un humain ou un chien, arrĂȘtez de modifier votre rythme de marche. Il y a deux erreurs :

  1. Ralentir, parce que vous ne savez pas trop oĂč aller et que vous cherchez une issue.
  2. Vous arrĂȘter, pire encore. Vous vous arrĂȘtez, “assis, assis”, vous hurlez les assis et les pas bouger qui ne fonctionnent jamais, et Ă  la fin vous criez, vous vous Ă©nervez, et forcĂ©ment le chien s’énerve.

Ce sont deux erreurs Ă  ne pas commettre, parce que les rythmes de marche sont aussi des tempos de chasse. Chez beaucoup de prĂ©dateurs, on ralentit, on baisse le centre de gravitĂ©, on avance tout doucement, on rĂ©accĂ©lĂšre, on s’arrĂȘte, on se cache, on se couche. Vous ĂȘtes en train de simuler des parties de chasse, trĂšs mal, mais vous les simulez. Et accĂ©lĂ©rer, c’est la prise de vitesse pour aller sur la proie.

Ajoutez Ă  cela votre rythme cardiaque qui monte, les odeurs que vous dĂ©gagez, votre attitude corporelle, la tension que vous mettez, les mots, le fait que vous vous fĂąchiez : vous obtenez une situation ultra anxiogĂšne et extrĂȘmement mal comprise par le chien. Alors qu’au dĂ©part, il ne se passait toujours rien. Vous ĂȘtes en train d’apprendre Ă  votre chien Ă  renforcer ces comportements et Ă  aimer de moins en moins ce qu’il voit.

ArrĂȘtez d’anticiper

Dernier point. Vous avancez, il voit un chien, il le regarde. Ce n’est pas le problĂšme : il le regarde. Il n’a pas grognĂ©, pas aboyĂ©, pas sautĂ©, pas criĂ©, il n’a rien fait. Et lĂ  : “c’est non, tu laisses, c’est non, tu le laisses.” Alors qu’il ne s’est encore rien passĂ©.

On est clairement dans l’anticipation d’un comportement qui pourrait arriver, qui va probablement arriver. Sauf que vous le punissez de quoi ? D’avoir rien fait ? C’est pĂ©nible d’ĂȘtre puni sans avoir rien fait. Vous avez un chien qui a envie d’y aller, ce n’est pas le problĂšme, mais qui est puni, puni, puni, alors qu’il n’a pas fait la dĂ©marche d’y aller. Et quand il dĂ©marre, il est puni aussi. Donc c’est quand, qu’il n’est pas puni ? Jamais.

La communication devient beaucoup plus compliquĂ©e Ă  comprendre pour le chien. Et surtout, vous anticipez tellement qu’à la fin vos mots n’ont plus de valeur, vos rĂ©actions n’ont plus de valeur.

N’oubliez pas une chose : quand il est dans cet Ă©tat Ă©motionnel, il ne vous entend plus. Vous pouvez lui dire ce que vous voulez, il ne sait mĂȘme pas que vous lui parlez. La seule chose qu’il arrive encore Ă  saisir, c’est la façon dont vous vous comportez, la façon dont vous marchez, la façon dont vous dirigez ce qui se passe.

Pour les exercices concrets, tout est vu Ă  partir du chapitre 2.