Les mauvaises pratiques : les rencontres de face

Les mauvaises pratiques : les rencontres de face

Les rencontres de face

Les rencontres de face reprĂ©sentent 95 % de toutes nos rencontres : il est rare d’ĂȘtre doublĂ©, courant de se croiser. C’est une vraie difficultĂ© pour le chien, qui voit arriver en face de lui, en affrontement direct, ce qu’il n’aime pas.

Ce que font les chiens entre eux

Correctement socialisĂ©s, ils commencent par se renifler l’arriĂšre-train. S’ils veulent se bagarrer ou se montrer, ça se bombe, tĂȘte contre tĂȘte, puis ça se dĂ©cale sur la face, et soit ça engage, soit l’un pose la tĂȘte sur le dos de l’autre : c’est souvent comme ça que dĂ©marre le grand dĂ©sordre.

Pourquoi ? Parce que c’est nous qui les y mettons : je tiens le mien d’un cĂŽtĂ©, vous le vĂŽtre de l’autre, les deux tirent, et en bout de laisse ils arrivent tĂȘte contre tĂȘte. On les met soi-mĂȘme en position de combat. Chacun voit l’autre arriver tendu et se dit “il a de mauvaises intentions”, alors qu’à la base aucun des deux n’en avait forcĂ©ment : mĂ©caniquement, on les empĂȘche de gĂ©rer la rencontre correctement.

La longe avant la laisse

D’oĂč l’idĂ©e d’attaquer la longe avant la laisse, mĂȘme en ville, une longe de 5 mĂštres. Plus il y a de libertĂ© et de mouvement, moins on aborde la marche en laisse stricte, plus on peut manier le chien sans le toucher.

Commencer la marche en laisse Ă  deux mois prive le chien de toute autre option que subir ou attaquer : avec un mĂštre pour bouger, il ne peut ni s’échapper ni s’enfuir, seulement choisir entre se dĂ©fendre et attaquer. C’est le vrai problĂšme de la laisse.

Rencontre aprĂšs rencontre, votre chien construit une association d’idĂ©es : “tous les chiens sont dangereux, donc je les dĂ©coupe tous, sans exception.”

Donner un “oui” pour pouvoir donner un “non”

L’idĂ©e, en rĂ©cupĂ©rant un chien (plus facile chiot, faisable aussi adulte) : lui indiquer selon la situation ce qu’il a le droit de faire, sans jamais en arriver Ă  ce genre de situation. Exemple marquant : en rue sur du bĂ©ton, interdiction d’aller voir les chiens ; au parc, dĂšs que les pattes touchent l’herbe et que vous mettez la longe ou dĂ©tachez, il peut aller voir tous les chiens de la planĂšte.

Le chien a ainsi son “oui”, ce qui permet de faire tenir le “non”. SevrĂ© de chiens en ville, il ne cherchera pas Ă  approcher un chien croisĂ© en laisse. Plus c’est lisible (bĂ©ton = non, herbe ou sable = oui), moins le chien se pose de questions, plus sa vie est facile. Le problĂšme inverse survient chez les chiens qui croisent beaucoup de congĂ©nĂšres en ville sans jamais avoir cette contrepartie ailleurs : c’est non Ă  chaque fois, et ça s’énerve.

Laisse et longe : deux signaux distincts

Rien n’interdit non plus, en forĂȘt, de dire “tu es en laisse, tu ne peux pas aller jouer ; je te mets la longe, va jouer”. Le chien apprend alors une rĂšgle stable : laisse et collier, jamais le droit d’aller voir les chiens ; longe et harnais (ou longe sur collier), toujours le droit. Il faut respecter ce “toujours le droit”, sinon c’est de nouveau le dĂ©sordre.

L’essentiel du problĂšme de rĂ©activitĂ© en ville vient d’un principe de dĂ©part mauvais : ne pas indiquer clairement au chien ce qu’il peut et ne peut pas faire. Il voit alors les interdits comme venant du chien ou de l’humain d’en face, et non comme une limite posĂ©e par son maĂźtre, incompatible avec la vie en zone urbaine.