Les piĂšges de l'environnement

Les piĂšges de l'environnement

Les situations oĂč vous ĂȘtes piĂ©gĂ©

Dans la vraie vie, on ne maütrise pas tout. Vous pouvez tout envisager, il restera des choses qu’on n’envisage pas.

Quelqu’un caresse votre chien

Un chien qui n’a aucun problùme. Vous marchez dans la rue, et vous partez du principe qu’on ne doit pas le caresser, sans doute à juste titre. Sauf que dans la vraie vie, les gens caressent le chien. Vous n’avez que deux options.

PremiĂšre version. “Coucou mon Titi”, le chien est content, il saute sur la personne, on fait des bisous. Bilan : il a appris Ă  mon chien Ă  dire bonjour Ă  tout le monde mĂȘme en laisse ; mon chien va sauter sur les humains pour des cĂąlins ; et il a touchĂ© mon chien, ce que je ne voulais pas. Des problĂšmes Ă©ventuels d’ordre Ă©ducatif.

DeuxiĂšme version. “Non, stop, tu ne touches pas mon chien.” Sur un chien qui n’a aucun problĂšme, vous ĂȘtes en train de crĂ©er un problĂšme : soit vous le mettez en position de dĂ©fense, soit vous lui indiquez qu’il va falloir passer Ă  l’action. Parce que vous dĂ©gagez l’énervement, parce que votre timbre de voix change. Et la personne en face s’énerve, vous insulte, ou fait un pas en arriĂšre. Dans la tĂȘte du chien : si mon maĂźtre refuse que les gens me touchent, c’est peut-ĂȘtre que les gens sont dangereux ou mĂ©chants. Ce bloc-lĂ , c’est celui de la rééducation.

Vous n’avez que ces deux options, il n’y en a pas d’autres. J’aimerais vivre dans un monde oĂč les gens ne touchent pas mon chien quand ils ne le connaissent pas, mais ça, c’est dans ma tĂȘte. Je prĂ©fĂšre largement la premiĂšre : je devrai lui expliquer “je sais que tu aimes beaucoup les gens, mais on ne leur saute pas dessus”. De l’éducation de base, toujours plus facile avec un chien gentil qu’avec un chien difficile.

Avoir raison ne sert pas toujours

Vous avez raison. Mais avoir raison, parfois, ça ne sert Ă  rien : la meilleure solution, la meilleure pour qui ? Pour vous, ou pour le chien ? On ne prend pas toujours la meilleure solution intellectuelle, celle du monde dont on rĂȘve, mais la meilleure parmi les deux, trois ou quatre versions qui nous sont proposĂ©es.

Quelqu’un donne un gñteau à votre chien

Vous rappelez votre chien en forĂȘt, et quelqu’un lui donne un gĂąteau parce qu’il est revenu. Sauf qu’il n’est pas revenu : il a flairĂ© le gĂąteau et il est venu en demander un bout.

Les raisons de dĂ©tester ça : on pourrait m’empoisonner le chien ; je dĂ©teste qu’on rĂ©compense mon chien Ă  ma place ; mon chien n’a rien fait pour ĂȘtre rĂ©compensĂ©, donc la rĂ©compense n’aura plus de valeur quand je la mettrai. Vous aurez raison la plupart du temps.

Sauf que vous allez crier, vous Ă©nerver. Et le chien retient : un moment de frustration ; un humain trĂšs bĂȘte ; un chien d’en face dĂ©testable, parce que lui a eu un gĂąteau et pas moi. Dans un groupe, il va peut-ĂȘtre se comporter comme un idiot. Il aura peut-ĂȘtre tort, mais l’idĂ©e que ce n’est pas juste va lui traverser l’esprit.

  • La version Ă©ducative : je lui apprends le “pas touchĂ©â€, Ă  ne pas prendre si je n’ai pas donnĂ© le “go”. Il refusera le gĂąteau qu’on lui tend, et c’est moi qui dirai “prends”. Plus d’histoire d’empoisonnement. C’est du travail, c’est de l’éducation.
  • La version rééducation : agressivitĂ© congĂ©nĂšres, agressivitĂ© humains, et surtout une perception du monde comme un monde pourri.

C’est vous qui choisissez. Pas la meilleure solution intellectuelle, pas la meilleure pour vous : la meilleure solution d’ensemble, celle qui donne Ă  la fin un chien heureux, bien, sans anxiĂ©tĂ©.

”Mon chien saute sur les gens pour un cñlin”

Beaucoup nous Ă©crivent : “mon chien est trĂšs gentil, mais il saute sur les gens pour un cĂąlin, je n’en peux plus”, prĂȘts Ă  tous les extrĂȘmes pour arrĂȘter ça.

Ma rĂ©ponse : c’est gĂ©nial. Un chien heureux de voir des humains et des chiens, ça s’appelle de l’éducation. Peaufinez l’obĂ©issance, une obĂ©issance gentille : le chien est tout le temps heureux, il ne voit de problĂšme nulle part, il ne dĂ©veloppe pas de maladie, on le prend partout. De l’autre cĂŽtĂ©, on peut lui mettre un coup de pied aux fesses quand il va voir un humain, et alors il sera rĂ©actif humains, ou rĂ©actif congĂ©nĂšres.

La bonne dĂ©cision, c’est celle qui est bonne pour le chien et pour l’environnement. Il y a toujours du pour et du contre : comme les mĂ©dicaments, est-ce que je veux ces effets secondaires ? Y a-t-il un autre mĂ©dicament qui ne les a pas ?

Les gens qui parlent Ă  votre chien

Les gens qui ont peur parlent aux chiens, c’est une rĂ©action automatique. Quelqu’un arrive, mal Ă  l’aise, et parle Ă  votre chien en le dĂ©visageant. Et vous, dans votre tĂȘte : il va me le dĂ©clencher, on ne parle pas Ă  mon chien.

Sauf que plus vous vous fĂąchez, plus lui s’énerve. La meilleure solution : avancer, dire bonjour, dire “allez, on avance”, fin de l’histoire. Et s’il se fĂąche, vous lui expliquerez qu’il n’a pas le droit de se fĂącher : lui n’a pas le droit de te toucher, mais toi tu n’as pas le droit de te fĂącher non plus, parce qu’on vit dans un monde oĂč les gens, quand ils ont peur, te parlent.

Pourquoi ce raisonnement ? Parce que l’objectif, c’est que vos chiens ne soient pas euthanasiĂ©s, et qu’ils retrouvent une vie normale. D’oĂč les compromis et les concessions : avec les ĂȘtres humains, avec les chiens, et avec soi-mĂȘme. C’est une question de proportion de chances : si j’avance en souriant, j’ai un peu plus de chances que le chien se dise “si mon maĂźtre est heureux, ce n’est pas grave que quelqu’un me parle”, plutĂŽt que “si mon maĂźtre devient fou quand ça se passe, c’est que c’est grave”.

Ce qu’il faut retenir

Parfois vous ĂȘtes piĂ©gĂ©, parce que le monde idĂ©al n’existe pas. Prenez alors la meilleure dĂ©cision en vous posant toujours le pourquoi et le comment. Et bien souvent, plutĂŽt que de stresser, vous retrouverez le sourire, parce que ce n’est pas si grave.