Reprendre de la valeur

Reprendre de la valeur

Reprendre de la valeur aux yeux de son chien

Attention Ă  la nuance : il ne s’agit pas de reprendre de la valeur au sens de refaire des choses, ça vous allez dĂ©jĂ  le faire tous les matins. Il s’agit de reprendre de la valeur sur ce que vous ĂȘtes capable de dire et sur le guide que vous pouvez ĂȘtre pour votre chien.

Vous sortez dĂ©jĂ  avec lui, vous faites des activitĂ©s, vous lui montrez par votre attitude que vous avez changĂ©. Mais il faut aussi, dans le quotidien, lui apporter cette petite notion de frustration et d’interdit, parce que dehors il la vivra de toute façon : c’est la vie qui est comme ça.

La piĂšce interdite

Choisissez une piùce, peu importe laquelle (les toilettes, la salle de bain, on s’en fiche), laissez la porte ouverte et apprenez-lui qu’il n’a pas le droit d’y entrer.

Pourquoi ? Pour titiller sa curiositĂ©, pour le frustrer un peu, pour qu’il ait envie d’y aller sans en avoir la possibilitĂ© ni le droit, et qu’il comprenne qu’il faut parfois savoir gĂ©rer son stress et ses frustrations, et qu’on ne peut pas faire une crise de nerfs chaque fois qu’on n’a pas le droit de faire quelque chose. Ça ne sert qu’à ça : en soi, il n’y a aucun autre intĂ©rĂȘt Ă  interdire une piĂšce.

Pour l’apprentissage pas Ă  pas, reportez-vous Ă  la formation dĂ©diĂ©e Ă  l’éducation de base. Faites-le en toute tranquillitĂ©, avec beaucoup de pĂ©dagogie et beaucoup de plaisir.

La main sur la poignée

DeuxiĂšme exercice, toujours pour gĂ©rer ses Ă©motions. Main sur la poignĂ©e de la porte avant de sortir : il vous fait la grande parade, le grand cinĂ©ma. « Panier. » Personne ne s’énerve, personne ne crie.

  1. Main sur la poignée, « au panier ».
  2. Il n’y va pas : la porte ne s’ouvre pas.
  3. Il y va : « bravo mon Titi », et on peut aller se promener.

On lui apprend que oui, tu veux quelque chose, alors calme-toi un peu, prends le temps de respirer, de redescendre, essaie de gĂ©rer ton seuil d’excitation, et tu verras que plus vite tu y vas, plus vite on sort. En 2-3 jours, vous mettez la main sur la poignĂ©e, vous dites « au panier », et il y va comme une Formule 1, parce qu’il a progressĂ© au niveau Ă©motionnel.

La gamelle

Vous posez la gamelle de nourriture, et vous reculez de 3 mĂštres derriĂšre votre chien, au pied : s’il ne revient pas, il ne mange pas ; s’il revient, il a le droit d’aller manger. Encore une fois : Ă©loigne-toi de ce que tu veux le plus, et ne t’inquiĂšte pas, peut-ĂȘtre que je vais te dire d’y aller, peut-ĂȘtre que tu n’iras pas. Pour la nourriture, il ira quand mĂȘme trĂšs souvent.

Pourquoi ces petites choses comptent

Ce sont ces petites choses du quotidien qui font que votre chien prend conscience qu’il peut y avoir, de temps en temps, des peines, des frustrations, des moments oĂč ce n’est pas terrible : ça s’appelle la vie, et elle est faite comme ça. Dans le processus de dĂ©veloppement intellectuel de votre chien, ce sont des passages obligĂ©s.

L’image de l’enfant est parlante : on va manger, il est en train de jouer Ă  la console, c’est le moment de la grande frustration parce qu’il est en pleine partie. Le jour oĂč vous coupez tout, il trouve ça terrible ; mais petit Ă  petit il comprend qu’il n’y a pas le choix, qu’il faut venir Ă  table, et qu’une fois Ă  table rien n’a bougĂ© et que dans 30 minutes il pourra rejouer.

Pour le chien, c’est un peu ça. Si on ne lui apprend pas cette palette Ă©motionnelle, si on ne lui fait pas dĂ©couvrir ce qu’est la vie (ça, mais aussi les joies et les bonheurs, parce que la vie est un tout), on n’obtient pas de chiens stables. Faites-lui dĂ©couvrir le tout, et vous avez des chiens stables, et surtout des chiens qui vont redevenir stables et pouvoir mener la vie que vous avez envie qu’ils mĂšnent.