Resocialiser son chien

Resocialiser son chien

Resocialiser son chien

Votre chien doit comprendre qu’il a tout faux, et on va lui rĂ©expliquer comment fonctionner. Les balades canines y sont extrĂȘmement bĂ©nĂ©fiques : une balade avec un chien en plus, ou deux, ou trois, ou dix.

Ce qu’il faut mettre en place

  1. Museliùre et longe pour votre chien, pour qu’il ne fasse courir de risque à personne.
  2. Des chiens stables et intelligents, aux comportements figés et fixés : pas des chiots, pas des ados, pour ne pas détruire le travail des autres.

Un chien qui casserait la gueule au vĂŽtre pour lui indiquer comment va se passer la vie n’est pas bon non plus. Il vous faut des snobinards, qui ne calculent rien : si tu veux jouer, ça joue ; sinon, ça ne joue pas. Une balade canine peut donc ĂȘtre juste un chien de plus, ou deux : sur 8 ou 10 chiens, vous n’en avez pas 8 ou 10 de parfaitement clean.

Vous n’avez pas le choix

Je conçois qu’il soit compliquĂ© de trouver des gens qui acceptent le contact avec un chien difficile. Mais si on veut rĂ©gler les problĂšmes avec les chiens, il faut des chiens. La longe et la museliĂšre sĂ©curisent tout : vous pouvez dire aux gens qu’il n’y a pas de risque.

Beaucoup cherchent des compagnons de balade et sont disposĂ©es Ă  aider. Vous pouvez aussi faire appel Ă  un professionnel : a-t-il des clients d’accord, des cours oĂč vous intĂ©grer ou Ă  crĂ©er, ses propres chiens. C’est aussi son travail. À vous de bien le choisir et de regarder comment se comportent les chiens qu’on vous prĂ©sente.

Le premier chien

  • Toujours le sexe opposĂ© dans un premier temps : un mĂąle aura moins de rĂ©activitĂ© sur une femelle que sur un autre mĂąle.
  • Toujours un chien qui snobe, limite qui ne rĂ©pond pas Ă  ce qui se passe en face, parce que je ne veux pas donner de la violence Ă  de la violence.
  • Il doit ĂȘtre Ă©duquĂ©, comme ça on peut le dĂ©tacher : il ne calculera mĂȘme pas le vĂŽtre.

Le message : tu te trompes, tous les chiens ne sont pas cons comme toi, il y en a mĂȘme qui s’en fichent. Il faut un chien qui offre au vĂŽtre du temps pour le regarder : d’habitude ça se fĂąche tout de suite, lĂ  il aura une heure pour observer, et ils apprendront Ă  communiquer.

Se mettre dans l’aspiration

Vous arrivez avec votre longe, tenue Ă  2-3 mĂštres pour que ça ne parte pas dans tous les sens. Et vous marchez, vous ne vous arrĂȘtez jamais.

  • S’il veut aller voir l’autre chien, laissez-le : vous dĂ©roulez la longe.
  • S’il se fĂąche, ne faites rien. C’est Ă  ça que servent le snobinard et la museliĂšre : il doit constater qu’il n’y a pas de rĂ©ponse en face, et que le chien d’en face continue sa vie.
  • N’utilisez aucun mot. Pas de dressage, pas d’obĂ©issance, rien. Vous avancez, en tenant toujours la longe Ă  5, 6, 7 mĂštres selon ce qu’il a avancĂ©.

L’autre maĂźtre devra ramener son chien dĂ©tachĂ© toujours Ă  5, 10, 15 mĂštres de vous, pour que vous gardiez un bout de longe dans la main dans les premiers temps.

La balade doit durer trois quarts d’heure Ă  une heure. AprĂšs 10 minutes Ă  faire le couillon, il sera Ă©puisĂ© nerveusement de s’énerver pour rien et commencera Ă  regarder : ce sont les 30 ou 40 derniĂšres minutes qui sont vraiment utiles. Un appel au jeu, une envie de courir, un dĂ©but de curiositĂ© ne sont pas interdits : si le premier va farfouiller un truc, lui aussi aura envie d’y aller, et c’est lĂ  que s’amorce le premier contact positif.

Et juste avant, vous devez avoir fait l’heure de balade matinale oĂč il s’est dĂ©pensĂ©, sinon il vous faudra deux heures avant qu’il redevienne normal.

Le deuxiĂšme chien

Il jouera avec le premier, pas forcĂ©ment sur la mĂȘme sĂ©ance : la suivante, ou celle d’aprĂšs. Le vĂŽtre doit voir que ça peut snober, mais aussi que quand ça ne snobe pas, ça joue. MĂȘme processus : quand les deux jouent, le vĂŽtre finit par avoir envie de jouer aussi.

Si vous croisez un chien inconnu : avancez. S’il est dĂ©tachĂ©, laissez-les se renifler et continuez ; de toute façon ils vont se renifler. Ce n’est pas idĂ©al, parce que ni vous ni moi ne maĂźtrisons le chien d’en face, mais c’est la meilleure solution : le vĂŽtre est dans l’aspiration des deux premiers. Si ça se passe mal, c’est la vie : n’en faites pas une montagne, ne restez pas trois heures Ă  analyser, reprenez la balade.

Agrandir le groupe

Viendra le moment de travailler l’ordre “reste” en parallĂšle et d’agrandir peu Ă  peu, cette fois avec des mĂąles et des femelles, parce que le chien commence Ă  savoir lire et Ă  voir que ça peut ĂȘtre positif.

Faites d’abord une balade de groupe sans votre chien. Trouvez-en une sur internet ou sur les rĂ©seaux et allez-y seul pour parler aux gens : j’ai un chien couillon, il est muselĂ©, il ne peut pas faire de dĂ©gĂąts, j’aimerais le resocialiser, ĂȘtes-vous d’accord ? Les gens sont cool.

Sans lui, pour repĂ©rer si le groupe ne contient pas dĂ©jĂ  un chien problĂ©matique : deux chiens problĂ©matiques, ils vont se prendre la tĂȘte entre eux et peuvent fonctionner par imitation.

Si ça se passe bien, vous ramenez le vître : il y aura tellement de chiens qu’il n’aura plus le temps de savoir avec qui se comporter, il en observera beaucoup, et la meute est assez imposante pour qu’il ne se pose plus la question de s’embrouiller.

Les paliers et la fréquence

Sur la premiùre balade, avec un seul chien, comptez d’une balade d’une heure jusqu’à 5 ou 6 balades pour qu’il s’habitue à ce chien-là.

  • Tant que le premier chien ne s’intĂšgre pas quasiment immĂ©diatement avec le vĂŽtre, vous ne passez pas au deuxiĂšme.
  • Tant que les deux chiens ne s’intĂšgrent pas immĂ©diatement, vous ne passez pas Ă  de plus grandes meutes.

“S’intĂ©grer immĂ©diatement”, c’est : ils se croisent, ils se reconnaissent, ça couine un peu, ça va jouer. S’il faut toujours 10 minutes de “je te casse la gueule” avant que ça se passe bien, ce n’est pas intĂ©grĂ© : on ne grille pas les Ă©tapes.

Balade Ă  un ou deux chiens : une fois par jour, une fois tous les deux jours. RepĂ©rez le premier parc, la premiĂšre forĂȘt, le premier endroit avec de l’espace oĂč les gens promĂšnent, ou cherchez sur internet.

Si vous ne savez pas comment amorcer, appelez un Ă©ducateur canin : il aura sans doute des clients ravis de ne pas promener seuls, et peut-ĂȘtre ses propres chiens. Les groupes du mercredi, du samedi et du dimanche sont faciles Ă  trouver ; en semaine, c’est plus difficile. Le dĂ©but, fait tous les jours, ça vous prend une semaine, pas un an.

Le secret : sortir Ă  des heures normales

Sortez Ă  des heures normales, peut-ĂȘtre mĂȘme sans votre chien, juste pour rencontrer des gens. À 6 h du matin il n’y a pas grand monde ; Ă  9 h ou 10 h, tous les chiens sont dans les forĂȘts et les parcs. Le programme :

  • une heure le matin, obligatoire, pour qu’il se dĂ©pense physiquement et mentalement et fasse des choses avec vous ;
  • une heure de plus dans la journĂ©e, tous les jours ou au pire tous les deux jours, avec des chiens Ă  lui prĂ©senter ;
  • le week-end et le mercredi, de plus grands groupes.

En cas de difficultĂ©, un professionnel vous fournira ses clients ou ses propres chiens, juste pour amorcer et pas sur un mois, quitte Ă  faire 3 ou 4 cours dans la semaine : ce dont vous avez besoin de lui, ce n’est pas la mĂ©thodologie, c’est des chiens.

Il n’y a pas d’autre chemin

Vous ne pouvez pas rĂ©gler un problĂšme d’agressivitĂ© congĂ©nĂšre sans congĂ©nĂšres, et sans des congĂ©nĂšres tels que je vous les ai dĂ©crits. Si vous voulez sortir de cette procĂ©dure, il reste une solution, et elle s’appelle la violence : durcir le ton, faire mal au chien et lui dire “tu vois le chien ? si tu vas le voir, je te fais du mal”. C’est ce qui se produit dans Ă©normĂ©ment d’endroits.

Oui, c’est du temps et de l’investissement, surtout mental. Mais si vous le faites à fond, vous vous offrez, à vous et à votre chien, une vie meilleure.