Traiter l'agressivité par des médicaments

Traiter l'agressivité par des médicaments

La médication face aux troubles du comportement

C’est le premier conseil que vous recevez la plupart du temps : le vétérinaire a tendance à régler les problèmes d’agressivité par ce qu’il sait le mieux faire, la médication.

Dans le discours, il faut essayer d’être le moins extrémiste possible et éviter les “jamais” et les “toujours”. J’ai souvent envie de répondre “jamais, point”, sauf que répondre ainsi ne fait pas avancer les choses et surtout ne fait pas avancer la compréhension que vous pouvez avoir.

Trois raisons de dire non

Quand un chien a un problème d’agressivité, quel que soit le type d’agressivité, cela veut dire qu’il y a toujours un mal-être, une cause, quelque chose qui génère cela. Ça, la médecine ne pourra jamais le lui enlever. On va pouvoir dissimuler, cacher, atténuer, mais pas régler la cause du problème.

  1. Le chien vivra toujours aussi mal, simplement il sera tellement assommé qu’il ne pourra plus avoir les réactions qui vous dérangent.
  2. Le jour où vous arrêterez le traitement, le mal reviendra.
  3. La plupart du temps, ces traitements ne sont pas anodins pour la santé du chien : vous ne pouvez pas mettre un chien sous certains médicaments pendant 5, 6 ou 7 ans, les effets secondaires seront gênants.

Il y a une différence entre quelqu’un qui vous dit “on ne fait jamais ça, point” et quelqu’un qui vous dit “je pense qu’il ne faut jamais faire cela, c’est une erreur, et je vous explique pourquoi par des cas concrets”. Si vous avez les cas concrets, vous comprenez, et si vous comprenez, c’est plus facile.

Pour ma part, c’est non. C’est non aussi parce que la médication camoufle le comportement du chien, cache et altère ses réactions. Et si le chien a des réactions altérées, je peux beaucoup moins l’aider que s’il a des réactions très naturelles. Voilà pourquoi on n’utilise pas la médication pour régler les troubles du comportement liés à l’agressivité du chien.

Parlez-en avec votre vétérinaire

Il faut discuter avec lui, lui expliquer les choses, savoir ce qu’il peut proposer au niveau comportemental. Certains vétérinaires sont vétérinaires comportementalistes : regardez la démarche intellectuelle, et dans le même ordre d’idée l’expérience d’un vétérinaire confronté à un chien difficile.

On se demande souvent comment trouver un bon éducateur canin, mais la question vaut aussi pour le vétérinaire. Un bon vétérinaire, c’est quelqu’un qui, instinctivement, naturellement, va vous dire : vous devez vous faire aider, vous devez appeler un éducateur canin, vous devez aller voir un confrère qui peut régler les problèmes de comportement. Un mauvais vétérinaire, c’est celui qui rédige une ordonnance, vous donne les médicaments et vous renvoie à la maison.

L’objectif n’est pas que vous appreniez cette formation par cœur ni que vous suiviez de façon disciplinée tout ce que je vous explique, mais que vous raisonniez, que vous compreniez, et que vous ayez toujours un pourquoi. Avec le pourquoi, vous aurez beaucoup plus de facilité à prendre ensuite les bonnes décisions et à faire les bonnes analyses pour votre chien.