Les bonnes conditions

Les bonnes conditions

Êtes-vous vraiment prĂȘt Ă  accueillir un chiot ?

Avant de rĂ©cupĂ©rer un chiot, certaines questions mĂ©ritent une rĂ©ponse honnĂȘte. Les ignorer, c’est prendre le risque de se retrouver en difficultĂ©, et de rendre le chiot malheureux.

Vous avez déjà un chien à la maison

Il est agressif congénÚre

Un chien agressif envers ses congĂ©nĂšres ne va pas “forcĂ©ment” accepter un chiot. MĂȘme s’il le tolĂšre quand il est tout petit, la question est : que se passera-t-il quand il sera adulte ? Les conflits peuvent apparaĂźtre Ă  l’adolescence, quand les hormones entrent en jeu.

  • Ne prenez pas un deuxiĂšme chien du mĂȘme sexe si le premier est agressif mĂąle-mĂąle ou femelle-femelle.
  • La solution : rĂ©glez d’abord le problĂšme de rĂ©activitĂ© congĂ©nĂšre du premier chien. Recodez-le, travaillez sur son mode de fonctionnement. Ensuite, prenez un chien du sexe opposĂ©.
  • Si vous rĂ©cupĂ©rez une femelle avec un mĂąle dĂ©jĂ  un peu rĂ©actif : stĂ©rilisez-la avant les premiĂšres chaleurs. Cela Ă©vite les montĂ©es hormonales et rĂ©duit significativement les risques de conflit.

Vous avez un chat Ă  la maison

Si votre chat grogne, hĂ©risse le poil et tabasse tous les chiens qui passent, ne foncez pas tĂȘte baissĂ©e. Avant mĂȘme d’avoir le chiot, faites appel Ă  un professionnel : il viendra avec son chien, testera votre chat, analysera les comportements et vous montrera comment procĂ©der pour une prĂ©sentation sĂ©curisĂ©e. Certaines situations permettent d’y aller, d’autres non.

Votre niveau d’expĂ©rience avec les chiens

Vous pouvez trĂšs bien n’avoir jamais eu de chien et avoir un excellent relationnel avec eux. Ce n’est pas un critĂšre bloquant. En revanche, certaines races ont plus de caractĂšre, sont plus affirmĂ©es, et laissent moins de droit Ă  l’erreur :

  • Un Yorkshire et un Rottweiler peuvent tous les deux ĂȘtre mal Ă©duquĂ©s. Mais les consĂ©quences ne sont pas les mĂȘmes physiquement.
  • Plus le chien est grand et puissant, plus les erreurs d’éducation se voient et peuvent faire des dĂ©gĂąts.
  • Tous les chiens peuvent ĂȘtre Ă©duquĂ©s : ce n’est pas une question de race, mais de niveau d’exigence que ça implique de votre part.

La question de l’environnement et de l’activitĂ©

Certains chiens (Border Collie, Berger Australien, Malinois
) sont gĂ©nĂ©tiquement conçus pour travailler. Cela ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas vivre en appartement, mais ça veut dire que vous devez ĂȘtre capable de les Ă©panouir.

La bonne question n’est pas “est-ce que ce chien peut vivre en appartement ?” mais : “suis-je en mesure de rendre ce chien heureux ?”

Faire vivre un chien, ça peut ĂȘtre : partir en montagne, faire des randonnĂ©es, aller en forĂȘt, le laisser jouer avec des potes. Pas forcĂ©ment un sport canin officiel. Mais certains chiens demandent plus que d’autres, et il faut en ĂȘtre conscient avant de s’engager.

Si quelqu’un dans le foyer a peur des chiens

C’est une situation Ă  ne surtout pas sous-estimer. La peur se transmet : le chien la perçoit parfaitement, et ça gĂ©nĂšre des erreurs comportementales inĂ©vitables. À terme : des problĂšmes dans le foyer, un chien malheureux, et souvent un abandon.

La bonne dĂ©marche : avant d’avoir le chiot, accompagnez la personne qui a peur dans un club canin, faites-la croiser des chiens dans un cadre bienveillant, laissez-la voir un Ă©levage. Si les peurs se dissipent et que tout le monde est Ă  l’aise, alors on peut envisager de rĂ©cupĂ©rer le chiot. Sinon : ne le prenez pas.

Faut-il poser des congĂ©s Ă  l’arrivĂ©e du chiot ?

Oui. L’idĂ©al, c’est d’ĂȘtre prĂ©sent le plus possible. Dans la rĂ©alitĂ©, le minimum absolu est de trois semaines.

Pourquoi trois semaines ?

Entre 2 et 4 mois, le chiot est en phase d’imprĂ©gnation : c’est la pĂ©riode oĂč il s’ouvre au niveau sensoriel, apprend le plus vite, et fixe des comportements qui resteront toute sa vie.

Trois semaines permettent :

  • Que le chiot vous reconnaisse comme des membres de sa famille
  • De l’imprĂ©gner du monde extĂ©rieur progressivement
  • De poser les bases de la propretĂ© (10 Ă  15 jours suffisent avec vous prĂ©sent)
  • D’amorcer la gestion de la destruction et de la solitude (en toute petite dose en fin de pĂ©riode)
  • D’ĂȘtre disponible Ă  100%, sans jongler avec le travail

Sans ces trois semaines, vous laissez un chiot seul bien trop tĂŽt. Il fait des dĂ©gĂąts, personne n’est lĂ  pour corriger, il prend de mauvaises habitudes. Ce qui prend 15 jours peut prendre un an. Et l’éveil sensoriel souffre : il quitte sa mĂšre et sa fratrie pour se retrouver seul dans une grande maison.

AprĂšs les trois semaines

Vous ne pouvez pas rester avec lui 24h/24 indéfiniment. Mais vous pouvez organiser :

  • Une montĂ©e progressive du temps de solitude (1h, 2h, 3h)
  • Un relais entre membres du foyer
  • Des amis qu’il aura rencontrĂ©s pendant les trois premiĂšres semaines, qui peuvent venir le sortir

Si vous ne pouvez pas poser trois semaines

Deux options :

  1. Utilisez vos congĂ©s annuels pour la pĂ©riode d’arrivĂ©e. Ne partez pas en vacances cette annĂ©e-lĂ .
  2. Acceptez consciemment les conséquences : propreté longue à acquérir, apprentissages retardés, comportements difficiles à corriger plus tard.

Un chiot, c’est 15 ans. Une semaine ou deux d’apprentissage ratĂ©e en dĂ©but de vie peut se payer pendant des annĂ©es. Ce n’est pas une raison de ne pas le prendre si vous avez beaucoup d’amour Ă  lui donner, mais il faut en avoir conscience et ne pas avoir de regrets.

Les rĂšgles de vie : Ă  dĂ©cider avant l’arrivĂ©e

Quand le chiot est lĂ , c’est la tornade. Les dĂ©cisions prises dans le chaos mĂšnent aux conflits dans le foyer. Mettez-vous d’accord avant sur :

  • Le canapĂ© : il a le droit ou pas ?
  • Le lit : il dort avec vous ou pas ?
  • Les piĂšces interdites : lesquelles ?
  • Les sorties : qui sort le chiot, Ă  quelle frĂ©quence, comment on se relaie ?

Ce sont des choses simples, mais si un parent dit oui et l’autre dit non, le chiot reçoit des signaux contradictoires. Et vous crĂ©ez des tensions dans le foyer dĂšs le premier jour.