Les punitions

Les punitions

Les punitions (partie 1) : ce qui fonctionne vraiment

Ce qu’on ne fait pas

Oubliez ces techniques immédiatement :

  • Attraper par la peau du cou
  • Plaquer au sol ou mettre le genou sur le plexus
  • Soumettre physiquement Ă  chaque bĂȘtise

Un chiot ne sait pas ce qu’il doit faire. Votre rîle est de le guider, pas de le punir par la force.

Le principe de base : interrompre et rediriger

Exemple avec la destruction (pied de chaise) :

  1. Il commence Ă  mĂąchouiller le pied de chaise. Dites “Stop !” d’un ton net, diffĂ©rent de votre voix habituelle du quotidien. C’est pour ça qu’il vaut mieux ĂȘtre calme et joyeux en temps normal : quand vous changez de ton, ça l’interpelle vraiment.
  2. Il s’arrĂȘte et vous regarde. Bien. Mais ça ne suffit pas.
  3. Donnez-lui immĂ©diatement un jouet d’occupation. “Tiens, voilĂ , va t’amuser.”
  4. Laissez-le. S’il recommence, rĂ©pĂ©tez. S’il recommence 50 fois, il y a une faille : il n’est pas assez sorti, pas assez stimulĂ©.

Exemple avec la propreté :

Il fait pipi devant vous. Dites non. Prenez-le, sortez dehors, attendez qu’il finisse. Vous lui montrez oĂč c’est autorisĂ©. Mettre le nez dans le pipi ou crier ne lui apprend rien.

Exemple avec les repas :

Il quĂ©mande pendant que vous mangez. Dites non. Vous pouvez aussi anticiper en lui donnant son jouet d’occupation avec de la nourriture dedans au moment oĂč vous commencez Ă  manger : chacun a sa nourriture, le problĂšme ne se pose pas.

Les fausses bonnes idées à éviter

Envoyer au panier comme punition. Grave erreur. Le panier doit ĂȘtre un endroit agrĂ©able, un refuge. Si vous l’associez Ă  une punition, votre chien ne voudra plus y aller, et vous ne pourrez plus l’y envoyer quand vous en avez besoin (invitĂ©s, etc.).

L’enfermer quand il s’agite. Contre-productif pour un chiot craintif ou surexcitĂ© : il apprend que s’agiter = ĂȘtre enfermĂ©. Et si des invitĂ©s arrivent et qu’il les entend sans les voir, il commence Ă  avoir peur des gens qu’il ne connaĂźt pas.

La rÚgle qui résume tout

On guide toujours vers la bonne solution. La sanction seule ne fonctionne jamais. Chaque “non” doit ĂȘtre suivi d’une alternative claire : voilĂ  ce que tu peux faire Ă  la place.

Les punitions (partie 2) : les erreurs les plus courantes

Ne pas s’imposer par la force

Plaquer un chiot au sol, le soumettre physiquement, vouloir “s’imposer dĂšs le dĂ©but parce qu’aprĂšs ce sera trop tard” : c’est une erreur, surtout avec les grandes races. Le chien va simplement attendre d’ĂȘtre assez fort pour inverser la situation. RĂ©sultat : des comportements dĂ©viants Ă  l’ñge adulte.

On ne détruit pas un chien, on ne rabaisse pas un chien. On guide.

Les punitions qui renforcent le mauvais comportement

Enfermer un chiot agitĂ©. Si un chiot surexcitĂ© apprend que s’agiter l’amĂšne Ă  ĂȘtre enfermĂ©, il va s’agiter encore plus. Et si des invitĂ©s arrivent et qu’il les entend sans pouvoir les voir, il commence Ă  associer “des inconnus chez moi” avec “je me fais punir”. Ce n’est pas ce qu’on veut.

Envoyer au panier comme sanction. Le panier doit rester un endroit positif. Si vous l’utilisez pour punir, vous ne pourrez plus l’y envoyer sereinement, et il peut devenir rĂ©actif envers les humains qui “l’y envoient”.

Sur les chiots qui sautent sur les invités

Un chiot de 2-3 mois qui saute sur les gens, c’est de la joie, pas de la dominance. Dans la vraie vie, on ne peut pas demander Ă  tous les invitĂ©s d’ignorer un chiot adorable.

Deux options pour la suite : soit le chiot apprend Ă  gĂ©rer ses Ă©motions et il saute moins, soit il saute quand mĂȘme mais il aime tout le monde. Un chien sauteur mais affectueux est toujours plus facile Ă  corriger qu’un chien qui attaque les gens parce qu’il a appris que les humains sont une source de punitions.

Mieux vaut un petit kangourou qui aime tout le monde qu’un chien qui veut mordre.

Ce qui compte vraiment

La punition n’a de sens que si elle est immĂ©diatement suivie d’une redirection vers la bonne action. Sans ça, vous n’apprenez rien Ă  votre chien.

Et ce qui dĂ©termine l’équilibre d’un chien, ce n’est pas de savoir s’il mange avant ou aprĂšs vous, s’il monte sur le canapĂ© ou pas. C’est la cohĂ©rence quotidienne : les sorties, les jeux, le calme de votre attitude, le fait de toujours proposer une solution plutĂŽt que de juste sanctionner.