La marche en laisse

De quoi parle-t-on vraiment

De quoi parle-t-on vraiment (début de la vidéo)

C’est le temps long

Ni le “au pied”, ni la marche au pied : c’est marcher avec son chien attachĂ©, le plus agrĂ©ablement possible, sur 3, 5 ou 10 km, ou pendant deux heures.

D’oĂč la consĂ©quence dĂ©cisive : un ordre se tient 10 secondes, 20 secondes, une minute, jamais des heures. La marche en laisse ne peut donc pas ĂȘtre un mot ni de l’obĂ©issance, et ceux qui la travaillent en balançant des “au pied” n’ont aucune chance.

Un mode de vie, pas un ordre

La version enseignĂ©e dans les formations chiot et adulte : c’est le mouvement de votre jambe qui donne la direction. Le chien n’a plus Ă  se demander oĂč vous allez, vous ne lui parlez plus, vous vous arrĂȘtez, il s’arrĂȘte. Comme la propretĂ©, une fois comprise il ne rĂ©flĂ©chit plus, il ne force plus intellectuellement.

DeuxiĂšme question : en avez-vous besoin ?

  • Vous vivez Ă  l’orĂ©e d’un bois et faites 5 minutes de laisse toutes les 3 semaines ? Ne vous prenez pas la tĂȘte Ă  travailler ça pendant 5 jours, mĂȘme si ces 5 minutes sont dĂ©sagrĂ©ables.
  • Il vous faut 45 minutes pour rejoindre le lieu de balade, ou vous ĂȘtes citadin ? LĂ , il vous faut une marche en laisse agrĂ©able.

Cette version premium a un coût

Elle marche, et une fois installĂ©e elle est facile et agrĂ©able pour les deux, mais la charge de travail est rĂ©elle et l’exigence est peut-ĂȘtre trop haute par rapport Ă  vos attentes.

RĂ©a, la chienne de la formation chiot, l’a parfaitement comprise : vous vous arrĂȘtez, elle s’arrĂȘte, vous ne lui parlez jamais, vous la rĂ©compensez de temps en temps gratuitement. MĂȘme sur un chien qui maĂźtrise, une distraction arrive : c’est lĂ  qu’un mot (“reste”, “au pied”, peu importe) sert sur 5 secondes, le temps de passer l’obstacle, avec une petite rĂ©compense, puis on reprend.

Des chiens de personnalitĂ©s opposĂ©es peuvent y arriver. Mais vous avez aussi une personnalitĂ© et un mode de vie, et vous ne pouvez pas espĂ©rer appliquer ce que d’autres appliquent.

Pourquoi ça n'a pas marché

Pourquoi ça n’a pas marchĂ© (Ă  partir de 14 min)

La technique des demi-tours suppose une heure de balade dĂ©tachĂ©e par jour pour qu’il puisse jouer, et 10, 15 ou 20 minutes de marche parfaite tous les jours selon son niveau. Parfaite veut dire sans relĂąchement. Or tout le monde relĂąche.

Les deux relùchements qui condamnent la méthode

Au bout de 4, 5, 6 allers-retours, la concentration tombe, la sienne et la vÎtre. Il dépasse un peu, et là :

  1. Vous accélérez le pas parce que refaire un demi-tour vous saoule.
  2. Vous le ramenez discrĂštement avec la laisse en continuant Ă  marcher.

Dans les deux cas c’est fini, et Ă  force vous ne condamnez pas la sĂ©ance mais la mĂ©thode pour ce chien.

Confondre récompense et leurre

L’idĂ©e est de crĂ©er une zone de confort prĂšs de la jambe et de la payer d’un gĂąteau ou d’une caresse. Au mauvais moment, ou sous forme de leurre (“tu as vu, tu restes là”), c’est un “reste” ou un “au pied”, donc de l’obĂ©issance. La vraie marche en laisse, ce sont les petits allers-retours et les changements de direction, rien d’autre.

Avoir sauté le suivi naturel en longe

Sans suivi naturel installĂ© Ă  la longe, y compris en ville, vous ne faites que trimballer le chien de gauche Ă  droite comme un sac de patates. C’est pour ça que dans la formation chiot la laisse arrive le plus tard possible.

Lui avoir interdit de découvrir

Vous arrivez au poteau, vous tirez, “c’est bon, tu es saoulant”. Vous vous mettez en compĂ©tition avec lui sur l’odeur : il apprend que plus il tire, plus il arrive tĂŽt, plus il a de temps avant que vous ne l’arrachiez de lĂ . À l’inverse, un chien qui renifle librement tous les jours en longe finit par trouver ça banal, et ce que vous demandez prend de la valeur.

Les contraintes que personne ne voit

  • L’incohĂ©rence. Parfait le lundi, bĂąclĂ© le mardi pour arriver vite au parc : c’est fini. Apprendre est facile, dĂ©sapprendre pour rĂ©apprendre est long.
  • La dĂ©pense physique. Un chien pas assez dĂ©pensĂ© tire davantage. Or 95% d’entre vous commencent en sortant de chez eux, dĂ©pense nulle.
  • La zone stimulante. C’est le seul apprentissage dĂ©marrĂ© en pleine stimulation. La propretĂ© se boucle en 10 jours chez soi au calme, et devient impossible avec 50 personnes Ă  la maison. Le coucher et le rappel se commencent dans le salon. La marche en laisse, non : dehors, avec les odeurs, la rue, les gens.

SĂ©quence correcte : longe et libertĂ© jusqu’au parc, jeu, dĂ©pense, puis laisse courte, dans l’endroit le moins stimulant possible.

La technique de l’arrĂȘt, et l’effet yo-yo

“Il te dĂ©passe, tu t’arrĂȘtes, il revient, tu rĂ©compenses, tu repars.” Pour la majoritĂ© ça fonctionne. Mais 5, 10 ou 20% des chiens en font un jeu : je dĂ©passe, il s’arrĂȘte, je reviens, on repart. Vous renforcez l’effet ressort, et il n’a jamais compris que ce qui paie c’est de rester Ă  la jambe. Observez votre chien, adaptez.

ArrĂȘtez tout si le comportement ne suit pas

Est-ce qu’il gueule, aboie, saute devant des chiens ? Des humains ? Des odeurs ? De la nourriture ? Si c’est oui, ne serait-ce qu’une fois : arrĂȘtez la marche en laisse. Non parce que la technique est mauvaise, mais parce que l’environnement est plus fort qu’elle et que vous compensez un problĂšme de comportement par de l’obĂ©issance pure. Ça ne peut alors marcher que par la violence : un collier Ă  pointes fera marcher n’importe quel chien, et il ne reniflera plus rien.

Et le regard des autres n’existe pas : ce qui se juge, c’est le drapeau au bout de la laisse, ou un chien qui a des troubles. Qu’il soit à 2 ou 3 mùtres, tranquille, personne ne vous dira jamais rien.

Trois chiens, trois solutions

Trois chiens, trois solutions (Ă  partir de 35 min)

Luna : ne rien faire, et lui rendre de la distance

Chienne de refuge. Les chiens et les humains lui passent au-dessus, son seul objectif dans la rue est de trouver un bout de quelque chose qui traĂźne. DĂšs qu’on raccourcit la longe, elle accĂ©lĂšre et elle tire.

Sur ce profil, la marche premium se joue Ă  la naissance ou jamais. Ensuite il ne reste que deux voies : le collier Ă  pointes, ou se demander ce qu’on veut rĂ©ellement, Ă  savoir qu’elle n’arrache pas l’épaule et ne gĂȘne personne.

La solution a Ă©tĂ© de ne rien faire : on enlĂšve la laisse, on met une longe, on lui laisse 3 Ă  4 mĂštres d’autonomie. La longe parce que rien ne garantit qu’elle ne traverse pas la route. Restent Ă  travailler trottoirs et traversĂ©es.

Lucky : le décrochage plutÎt que la laisse

Il fouine partout, aime l’obĂ©issance mais par tranches de deux minutes. Son profil n’est pas fait pour rester collĂ©, et s’acharner l’aurait rendu agressif : Ă  chaque Ă -coup, Ă  chaque demi-tour, il n’aurait rien compris. C’est un des vrais dangers d’une marche en laisse mal faite.

La solution est passĂ©e par le comportement : installer le dĂ©crochage. On croise un chien, il est Ă  2 ou 3 mĂštres en dĂ©tente, on lui dit “on y va”, il dĂ©croche, on passe. Peu importe le mot.

Pour ça il doit comprendre le oui, le non, et apprendre à gérer sa frustration :

  • Ne pas entrer dans une piĂšce et continuer dans une autre. Rien Ă  voir avec la hiĂ©rarchie : on lui apprend l’interdit, la frustration, et que la vie continue ailleurs.
  • Le pas touchĂ© : il veut le gĂąteau, il le veut toujours, il ne le prend pas, puis “prends”.

Piùge inverse : sautez la phase d’apprentissage et vous passez des mois en tunnel d’interdiction, jusqu’à ce qu’il avale tous les mouchoirs qu’il trouve, parce que la vie lui dit non en permanence.

Un interdit peut ĂȘtre levĂ© si la levĂ©e a un sens. Chez moi les chiens ne montent pas Ă  l’étage, uniquement pour leurs articulations. Trois ou quatre fois j’ai eu besoin de les faire monter : un “allez, on monte” suffit, et une seule fois le “non” pour redescendre. Les variantes sont faciles quand la comprĂ©hension globale est acquise ; le danger, c’est de les poser quand elle ne l’est pas.

Le profil du maĂźtre compte autant. Le leur veut les emmener partout et ne gĂȘner personne, sans se prendre la tĂȘte ni leur prendre la tĂȘte. La marche premium supposait un fonctionnement de vie qui ne lui correspondait pas, et on ne change pas la personnalitĂ© de quelqu’un. Deux chiens, deux solutions, un maĂźtre content : c’est la vraie question de cette masterclass, qu’est-ce que vous voulez, vous ?

La husky : tout laisser renifler, pendant un an

Sa maßtresse avait commencé en laisse sans rien demander à la chienne. Deux rÚgles :

  1. Mise en laisse, laisse et harnais, pour montrer qu’un harnais ne transforme pas un husky en chien de traction.
  2. ZĂ©ro course-poursuite sur l’odeur : Ă  chaque arbre elle reste le temps qu’elle veut, un quart d’heure s’il le faut. Aucun Ă -coup, aucun “c’est bon”.

Elle ne tracte pas, elle est en bout de laisse et fait sa vie. La maĂźtresse a acceptĂ© des balades d’une heure et demie, parce que son mode de vie le permettait. Un an plus tard, elle peut l’inviter Ă  repartir aprĂšs deux tours de l’arbre, parce qu’il y a un an d’autorisation derriĂšre.

Le danger Ă©tait rĂ©el : sur un chien qui prend du plaisir Ă  tracter, il ne faut surtout pas encourager la traction. Le jour oĂč il pleut, oĂč vous accĂ©lĂ©rez, elle accĂ©lĂšre aussi. Et le demi-tour est ici une erreur : au moment oĂč vous le faites, vous tractez.

Aucune formation en ligne ne peut couvrir tous les cas particuliers. D’oĂč l’objectif : que vous deveniez l’éducateur de votre chien, en observant et en adaptant ce que vous voyez.

Comportement, races et clubs

Comportement, races et clubs (Ă  partir de 56 min)

Un chien sous Ă©motion n’apprend rien

Tenu par la peur, la haine ou la joie, le champ de vision se rĂ©trĂ©cit et on n’apprend plus. Le dĂ©tail que personne ne voit : vous ressortez le soir, rue vide, en croyant la stimulation nulle. Sauf que la rue est la stimulation, parce que c’est lĂ  qu’il a dĂ©jĂ  vu des chiens et dĂ©jĂ  eu ces pensĂ©es, et la mĂ©moire olfactive compte beaucoup chez lui. Idem en forĂȘt.

Autre piĂšge : un chien arrive en face, vous rĂ©compensez parce qu’il est Ă  peu prĂšs Ă  la jambe. Il peut comprendre qu’il est rĂ©compensĂ© parce qu’un chien arrive, voire pour la pensĂ©e qu’il vient d’avoir.

Trois familles de chiens

Le dĂ©cisionnaire aime au minimum penser qu’il prend ses initiatives : montagne des PyrĂ©nĂ©es, berger du Caucase. RĂšgle indicative du 80-20, 80% tu dĂ©cides (ou tu crois dĂ©cider), 20% non nĂ©gociables. Lui imposer la jambe est trop restrictif, donnez-lui 1m50 ; en Ă©change, “tu ne descends pas du trottoir tant que je ne l’ai pas demandĂ©â€. Pas de droit Ă  l’erreur : ils doivent snober tout le monde, un chien agressif comme une fanfare, ce qui suppose une socialisation impeccable dĂšs petit. Vu le poids, la longe ne les arrĂȘte pas net. RĂ©cupĂ©rez-les petits et faites-les kiffer, sinon un chien de 70 kg au bout d’une longe devient une Ă©preuve de force quotidienne.

L’hybride : rottweiler, dogue de Bordeaux, souvent les molosses, sans vĂ©ritĂ© absolue (sur 4 rottweilers vous aurez un dĂ©cisionnaire, deux Ă  cheval, un non-dĂ©cisionnaire). PlutĂŽt du 50-50 ou 40-60. TrĂšs bon en obĂ©issance, mais il se disperse vite et reste juvĂ©nile longtemps. Il peut avoir la marche premium, Ă  condition de moments d’évasion.

Montage le plus simple : collier + laisse courte pour la marche stricte, harnais + longe pour la libertĂ©. Sinon, gardez le collier et posez un mot qui est une annonce, pas un ordre (“rue”), puisque ça ne dure pas : 5 Ă  10 minutes de rue carrĂ©e, puis longe et libertĂ© pour la demi-heure suivante. Si vous enchaĂźnez, au bout de 12 minutes ça va gratter et vous perdez le tout.

Ma rottweiler, LaĂŻka, marche Ă  mon rythme sans que j’aie eu grand-chose Ă  faire. Au bout de 5 minutes elle lance des regards insistants : il me reste 5 Ă  10 minutes avant de la libĂ©rer.

Le non-dĂ©cisionnaire, malinois en tĂȘte : grande facilitĂ© Ă  apprendre ça, parce que grande facilitĂ© Ă  rester concentrĂ© longtemps. Mais aucun droit Ă  l’erreur : s’il n’a pas Ă©tĂ© ouvert au monde, ne lui donnez pas une longe de 5 mĂštres, il en voudra 30 puis 100. Il brouille aussi la comprĂ©hension gĂ©nĂ©rale, parce qu’il tient un “au pied” plus longtemps que les autres, ce qui fait croire que la marche en laisse est un mot d’obĂ©issance. C’est faux.

90% des chiens qu’on trouve en club sont des non-dĂ©cisionnaires, et le danger est lĂ  : on ne fait plus que de l’obĂ©issance. Un malinois sans vie enrichissante Ă  cĂŽtĂ© dĂ©veloppera des troubles, courra aprĂšs les voitures, sautera sur tous les chiens. Entre un chien Ă  la jambe avec 700 troubles et un chien en longe de 3 mĂštres en ville qui va bien dans sa tĂȘte, je choisis le second. Rien n’est automatique : votre tempĂ©rament entre autant dans l’équation que la race.

Lys, et le piĂšge du terrain clos

Lys, malinoise de 9 ans, a appris la marche en laisse en club au collier Ă©trangleur. Le test : au collier avec une laisse normale, plus vous la rapprochez, plus c’est compliquĂ©, oreilles en arriĂšre. On passe la laisse sur le harnais, elle tire dĂ©jĂ  moins. On attache une deuxiĂšme laisse Ă  la premiĂšre pour allonger encore : elle ne tire plus. Elle avait Ă©tĂ© habituĂ©e Ă  ne rien renifler ; dĂšs qu’elle a de la distance et le droit de prendre les odeurs, elle se dĂ©tend.

En club, elle Ă©tait parfaite ; dehors, plus rien. Un club, c’est un terrain clĂŽturĂ©, sans passants, sans voitures, sans odeurs, et le plus souvent sans droit de dĂ©tacher ni de laisser jouer. Le chien se conditionne au lieu et devient incapable de reproduire sous stimulation. Pire pour un chiot : quand il prend la pression d’un congĂ©nĂšre plus dynamique, il fait exactement ce qu’on veut lui apprendre, il vient vous chercher pour temporiser, sauf que vous ne pouvez aller nulle part. Il en conclut que rester avec vous ne sert Ă  rien.

L’ordre des apprentissages

D’abord l’attitude, le comportement, la gestion des Ă©motions, la vĂŽtre comprise. Ensuite l’obĂ©issance. Certains blocs se font en parallĂšle, selon l’éveil : le coucher s’amorce dĂšs 2 mois au leurre, Ă  la maison ; le rappel, le pas bouger et la marche en laisse demandent un Ă©veil sensoriel.

Avec un chiot : on vit, on sort, on met la longe, et on enlĂšve de sa tĂȘte tout ce qu’il “doit apprendre”. En parallĂšle, quelques petits mots et petits rappels, Ă  la cool. Un club ne doit ĂȘtre qu’une option supplĂ©mentaire, jamais un substitut.

Sortir de la crise, matériel et astuces

Sortir de la crise, matériel et astuces (à partir de 87 min)

Le blocage classique : le chien tire comme un sourd, vous ne pouvez pas le mettre en longe parce qu’il tirerait trop, et il ne marche pas en laisse. Restent deux voies, ne plus sortir ou durcir, et plus on durcit plus il faut durcir. Il faut donc une sortie de crise rapide, en sachant que c’est un palier, pas une destination.

La déstabilisation corporelle

Attachez la laisse au collier et faites-la passer par-dessus le cou et sous l’épaule. Vous obtenez un effet de bascule qu’il ne faut surtout pas trop mettre : le chien ne doit pas marcher dĂ©saxĂ© en permanence. Au dĂ©part il part en tirant, vous le retenez, il sent que ça le dĂ©saxe, il revient. Ensuite il suffit de garder la laisse ainsi.

Une laisse Ă©paisse vaut mieux qu’une fine : elle donne la sensation d’une baguette de pain coincĂ©e entre le coude et le pec, ce qui lui crĂ©e un point de focus autre que l’extĂ©rieur. Comme c’est dĂ©sagrĂ©able, il cherche la distance oĂč la laisse fait un U sous son coude.

C’est une course contre la montre : pas question qu’il marche comme ça 4 ans, l’ostĂ©opathe le paierait. Mais entre collier Ă©lectrique, collier Ă  pointes, collier Ă©trangleur et collier plat avec cette astuce, le choix est vite fait.

Le déroulé :

  1. Il tire moins immĂ©diatement, donc vous ressortez et il se rĂ©ouvre au monde. Plus il se rĂ©ouvre, moins il a envie d’aller vers le monde.
  2. À chaque fois qu’il ne tire plus, vous relĂąchez, relĂąchez, relĂąchez, jusqu’à ce qu’il n’y ait presque plus de U, mais avec la mĂ©moire du “je sais que si j’y vais”.
  3. Quand une balade de 15 minutes ne comporte plus qu’un ou deux dĂ©passements, repassez la laisse normalement au collier. Il tiendra 2, 3, 5, 10 minutes.
  4. DĂšs qu’il retire, rebasculez la laisse en dessous. Il comprend la mĂ©canique : elle revient parce que j’ai tirĂ©.

Comptez 10 jours, 15 jours, 3 semaines, un mois. Sans violence, quels que soient la taille et le poids du chien.

Deux rĂšgles pendant cette phase :

  • RĂ©compensez toujours en mouvement. Si vous vous arrĂȘtez pour donner le gĂąteau, il comprend que c’est l’arrĂȘt qui est rĂ©compensĂ©. Trois gĂąteaux dans la poche suffisent, sans mot, sans “au pied”, surtout pas en leurre.
  • ArrĂȘtez de lui demander 50 000 choses, notamment le “pas bouger” au passage piĂ©ton : vous le mettez sur les starting-blocks et il repart de plus belle. On s’arrĂȘte, c’est tout, et c’est encore le mouvement de la jambe qui l’informe.

Le but n’est pas la laisse sous l’épaule : c’est qu’aprĂšs un ou deux mois il ressorte et dĂ©couvre le oui, que beaucoup de ces chiens n’ont jamais connu. Il passe un chien sans y aller, “c’est bien mon pĂ©pĂšre”, plus un gĂąteau. Il ne comprendra ni la premiĂšre fois, ni la deuxiĂšme, ni la troisiĂšme, mais Ă  la cinquiĂšme il cherche pourquoi il y a des oui. Ensuite vous repassez Ă  la longe.

La laisse élastique

Être ramenĂ© par un Ă©lastique n’est pas ĂȘtre tirĂ© en force, et la surprise vient de lĂ . Condition : votre ligne d’épaule ne doit pas bouger. Le chien est habituĂ© Ă  voir vos Ă©paules basculer ; s’il ne voit rien, l’effet est spectaculaire.

Elle rend aussi tenable un chien qui tire Ă©normĂ©ment. Je les fabrique avec des Ă©lastiques de traction, jusqu’à 60 kg de pression, donc 60 kg de rebond : gĂ©rable mĂȘme sur un trĂšs gros chien. Étant Ă©paisse, elle se combine avec le passage sous l’épaule. LĂ  encore, sur un court laps de temps.

Ce qui ne rĂšgle rien

  • Le harnais anti-traction (prise sur l’avant) : le chien garde ses 4 pattes au sol, pas de vraie dĂ©stabilisation, vous tractez dans un sens pendant qu’il appuie dans l’autre. Surtout, il a Ă©tĂ© conçu pour ĂȘtre gardĂ© Ă  vie : vous croirez qu’il tire moins, vous ne rĂ©glerez rien. La laisse sous l’épaule a l’avantage d’ĂȘtre ridicule, donc vous n’aurez pas envie de la garder.
  • La laisse enrouleuse : le fil est trop fin pour ĂȘtre gĂ©rĂ©, elle se dĂ©tend, le chien ne comprend pas ce qu’on attend de lui. La dragonne qui traĂźne au sol fait un bruit de plastique insupportable pour le suivi naturel, et il faut des gants pour rattraper le fil.
  • Sur un chien sans aucun trouble, tout marche : harnais avant, arriĂšre, enrouleuse. Mais rien de tout ça ne rattrape un chien devenu ingĂ©rable.

Matériel de base : un collier plat et une laisse de 1m10 à 1m20.

Le rythme de marche

Parfois vous n’avez rien appris, vous mettez la laisse, il marche à la jambe : c’est la chance, il marche naturellement à votre allure. 8 chiens sur 10 ne sont pas dans ce cas.

  • 1m20 convient Ă  environ 70% des chiens.
  • Les chiens un peu plus rapides ont besoin de 2 m Ă  2m50. Être devant leur permet d’avancer, puis de s’arrĂȘter pour renifler, ce qui vous laisse rĂ©cupĂ©rer du terrain.
  • Un rythme naturel vraiment rapide impose la longe de 5, 6 ou 10 mĂštres, plus un apprentissage renforcĂ© de ce qui est autorisĂ© : traverser, attendre au passage piĂ©ton. Ce chien-lĂ  tiendra la jambe 5 ou 10 minutes, au-delĂ  c’est du conflit.

Acceptez les cas particuliers

Un chat sous une voiture, une carcasse de poulet sur le chemin : acceptez qu’il tire, un peu d’obĂ©issance aide Ă  passer. Une marche propre dans 90% des cas, c’est dĂ©jĂ  trĂšs bien. L’acceptation s’arrĂȘte lĂ  oĂč le comportement n’est pas instinctif : courir aprĂšs un lapin l’est, on tolĂšre, on arrĂȘte, on repart, et on travaillera dĂ©tachĂ©. Sauter sur une personne sur 50, non.

Astuce longe : faites un nƓud tous les 50 cm, 1 m ou 2 m selon sa longueur. Quand vous posez le pied dessus, le nƓud se cale du bon cĂŽtĂ©, et c’est plus facile Ă  rattraper Ă  la main.

Le retour de balade : ne remettez pas la laisse

“Laisse-le jouer en forĂȘt, il Ă©vacue, puis travaille la marche en laisse au retour” est un bon conseil, Ă  condition de ne pas le faire tout de suite.

Les premiers temps, au retour vers la voiture : soit vous laissez traüner la longe (si la route est proche ou s’il est trùs petit), soit vous ne rattachez rien. Ne remettez surtout pas la laisse courte en vous disant “je vais bosser un peu”, sinon vous obtenez le chien qui ne veut plus rentrer et qui s’enfuit dùs que vous cherchez à l’attacher.

Au bout d’une Ă  deux semaines de retours naturels, c’est acquis. À partir de lĂ  seulement, et seulement si vous voulez la marche parfaite : deux minutes de laisse, quelques allers-retours, gauche, droite, on rĂ©compense, on remet en longe, libertĂ©.

Le mot de la fin

Trois quarts des gens s’acharnent sur la marche en laisse alors que le problĂšme est le comportement ou l’environnement. Pensez toujours le pourquoi avant le comment : dĂ©stabiliser un chien n’est pas le maltraiter, tant que vous savez pourquoi vous le faites et que vous cherchez la solution la plus douce disponible.