Un module court sur un point de mĂ©thode qui dĂ©cide de beaucoup de choses : il nây a de limite que votre imagination aux exercices que vous mettez en place pour faire progresser un chien et son maĂźtre. Le propos porte autant sur les exercices eux-mĂȘmes que sur la façon de transmettre Ă des clients qui ne sont pas des professionnels.
Deux niveaux de contenu, et pourquoi
Le premier niveau est la mĂ©thode grand public, construite pour des gens qui nây connaissent rien ou qui veulent simplement de bonnes bases. Elle est volontairement gĂ©nĂ©ralisĂ©e pour sâappliquer au plus grand nombre de chiens.
LâintĂ©rĂȘt de la connaĂźtre quand on se forme au mĂ©tier nâest pas dâapprendre les exercices, que vous maĂźtrisez dĂ©jĂ , mais de voir comment on retransmet un savoir de la façon la plus simple possible Ă quelquâun qui nâest pas du mĂ©tier. Vous, vous disposez du dĂ©tail et des rouages ; la question devient de savoir ce que cela donne une fois traduit pour un particulier.
Le second niveau est celui des exercices qui ne figurent pas dans cette mĂ©thode, ceux quâon met en place en centre. LĂ encore, il ne sâagit pas de tout cataloguer : on pourrait en montrer douze heures dâaffilĂ©e, et une grande partie ne se transmet quâen pratique.
Faire monter le niveau dâun mĂȘme exercice
Le principe est le mĂȘme partout : on prend un ordre acquis et on lâexpose Ă des contraintes croissantes. Sur le âpas bougerâ, par exemple :
- des personnes en cercle autour du chien ;
- le cercle qui se redresse brusquement, le chien qui ne bouge pas puis rejoint sa maĂźtresse au pied ;
- le cercle qui tape des mains, pour introduire volontairement une dimension anxiogĂšne, Ă un niveau oĂč le chien doit se focaliser sur sa maĂźtresse et comprendre que ce qui a Ă©tĂ© dit ne se discute pas ;
- des passages de personnes inhabituelles : quelquâun en tenue dâhomme dâattaque, quelquâun avec une manchette, une bouteille dâeau, un tĂ©lĂ©phone, une personne qui court ;
- le âresteâ sous stimulation, et le âpas bougerâ au milieu du dĂ©sordre.
Tout est transposable. Ce qui compte nâest pas la liste, câest le mĂ©canisme : identifier ce que lâexercice demande, puis inventer ce qui le met Ă lâĂ©preuve sans rompre le chien.
Une astuce pour illustrer le principe
Face Ă un maĂźtre beaucoup trop nerveux sur la laisse, une mĂ©thode qui marche : lui donner un verre dâeau Ă tenir dans la mĂȘme main que la laisse. Au bout dâun moment, il est bien obligĂ© de faire attention, sinon il sâen met partout.
Ce nâest quâun exemple parmi des dizaines. LâidĂ©e est toujours identique : si vous comprenez le fonctionnement, vous inventez.
Sur les récompenses et les variantes
Dans une mĂ©thode gĂ©nĂ©raliste, le choix a Ă©tĂ© fait de rĂ©compenser presque exclusivement Ă la friandise, du dĂ©but Ă la fin, pour une raison prĂ©cise : montrer comment on commence avec une friandise et comment on finit sans rien. Câest la vraie question que tout le monde se pose, celle du moment oĂč lâon retire la rĂ©compense.
Cela aurait tout aussi bien pu ĂȘtre une balle, un boudin ou une corde : ce qui importe est le principe gĂ©nĂ©ral. Et dans votre mĂ©tier, vous devez introduire des variantes, puisque les chiens que vous rencontrerez ne se ressemblent pas.
Il en va de mĂȘme pour les ordres eux-mĂȘmes : les ordres de base dâun cĂŽtĂ©, les tricks de lâautre. Ces derniers ne sont pas dĂ©coratifs : ils crĂ©ent du lien pour les chiens qui en redemandent, et surtout ils font plaisir aux maĂźtres.
Ne fonctionnez pas par mimétisme
Câest le message de fond. Construisez votre propre pratique, vivez-la, et ne reproduisez pas mĂ©caniquement ce que vous avez vu faire. Les exercices montrĂ©s aujourdâhui peuvent parfaitement ne plus ĂȘtre utilisĂ©s dans un an, parce quâil en sera venu une centaine dâautres entre-temps.
Soyez inventif, faites marcher votre tĂȘte. Plus votre tĂȘte travaille, plus le chien progresse, et plus vous embarquez le maĂźtre avec vous.