La propreté

La propreté

Avec la destruction, c’est la premiĂšre crainte de tous vos clients. La bonne nouvelle : la propretĂ© peut aller trĂšs vite. La mauvaise : elle ne laisse pas droit Ă  l’erreur, et certaines erreurs sont extrĂȘmement difficiles Ă  rattraper. Ce module donne le protocole, les fausses bonnes idĂ©es, et les cas particuliers Ă  ne pas confondre avec un dĂ©faut d’apprentissage.

Apprendre la propreté

Deux choses Ă  ne pas confondre

À quel Ăąge commence-t-on ? Tout de suite, quel que soit l’ñge d’arrivĂ©e. L’ñge lĂ©gal Ă©tant huit semaines, l’apprentissage dĂ©marre Ă  huit semaines.

Encore faut-il séparer deux notions, sans quoi on ne comprend rien :

  1. La capacité du chiot à comprendre le principe de propreté. Elle est immédiate.
  2. Sa capacitĂ© physiologique Ă  ĂȘtre propre. Elle demande la formation des sphincters, et progresse jusque vers 4 mois et demi ou 5 mois, Ăąge auquel il se retiendra parfaitement.

Ce qui nous intéresse ici est la premiÚre : il peut comprendre dÚs maintenant, et on allonge les durées à mesure que la physiologie suit.

Le protocole

Sortir souvent, et aux bons moments. Toutes les heures ; Ă  chaque rĂ©veil ; aprĂšs chaque prise de boisson ou de nourriture ; aprĂšs chaque pĂ©riode de jeu ; et en interrompant le jeu s’il dure trop longtemps, parce qu’il va tout lĂącher.

Pourquoi si souvent ? Pour Ă©viter qu’il fasse Ă  l’intĂ©rieur. Le chien apprend trĂšs bien par renforcement et beaucoup moins bien s’il est sanctionnĂ© en permanence.

Nommer et rĂ©compenser dehors. Au moment oĂč il fait, dites “pipi” ou “caca”, et rĂ©compensez. Ici, la friandise est particuliĂšrement adaptĂ©e : c’est direct, impactant, et le chiot ne peut pas se tromper sur le message, puisqu’on n’est pas en phase de jeu mais sur un bravo.

Un seul schĂ©ma quand il fait Ă  l’intĂ©rieur. Vous devez le prendre sur le fait, au moment oĂč il se baisse pour faire. Deux minutes aprĂšs, c’est trop tard. Alors : un “non” ferme, avec une voix diffĂ©rente de celle de d’habitude ; vous le prenez, vous l’amenez dehors, vous fermez la porte, et vous ne rentrez que lorsqu’il a fini ce qu’il avait commencĂ© Ă  l’intĂ©rieur. DĂšs qu’il finit dehors, il est rĂ©compensĂ©.

La boucle est alors bouclĂ©e : dedans c’est non, dehors c’est oui, et il a un plan B. C’est le cercle le plus puissant que vous puissiez installer.

Le conditionnement par la surface au sol. Emmenez-le systĂ©matiquement sur l’herbe, ou sur le mĂȘme type de support. Le contact au sol envoie un message supplĂ©mentaire au cerveau et il comprend deux fois plus vite. C’est un Ă©lĂ©ment de lisibilitĂ© en plus.

On l’accompagne dehors. Le grand secret pour ceux qui ont un jardin : “mettre dehors” veut dire y aller avec lui. Sinon, comment rĂ©compenser au bon moment, et comment ĂȘtre certain qu’il a fait ?

On ne rate pas les signaux. DĂšs qu’il commence Ă  tournicoter, ça arrive : on sort, mĂȘme hors des crĂ©neaux prĂ©vus.

Les fausses bonnes idées

Le tapis d’aisance et le papier journal. Vous faites tout le travail d’apprentissage sur un support que vous voudrez retirer plus tard. Vous apprenez donc au chiot que les toilettes, c’est ce tapis, et un chien qui a compris quelque chose est trĂšs difficile Ă  faire changer d’avis. À cinq ou six mois, quand vous dĂ©ciderez qu’il doit faire dehors, les plus futĂ©s continueront Ă  faire Ă  l’emplacement du tapis, parce que c’est ce coin de la maison qui est devenu les toilettes.

Pour dĂ©sapprendre, il faut dĂ©placer le tapis progressivement : le palier, la cage d’escalier ou l’ascenseur, la rue, puis le retirer, en faisant comprendre au chiot que l’emplacement se dĂ©place. Mesurez la perte de temps.

Attention à ne pas tout mélanger : chez un éleveur, la paille, le papier ou les tapis se justifient parfaitement, cela lui évite de nettoyer toute la journée. On parle ici du cadre familial, aprÚs le départ de la fratrie.

Nettoyer devant le chiot. À Ă©viter : cela devient un appel au jeu, et s’il trouve ça amusant, il en fera deux fois plus.

Nettoyer Ă  la javel (ou tout produit odorant marquĂ©). Le chiot refera exactement au mĂȘme endroit. Pas parce que l’odeur l’attire, mais parce qu’elle le dĂ©range : comme tout animal dĂ©rangĂ© par une odeur, il met la sienne par-dessus.

Enfermer le chiot dans la cuisine parce que c’est du carrelage. C’est l’erreur la plus courante, et c’est un apprentissage Ă  l’envers : tous les matins vous ramassez sans pouvoir rien dire, puisqu’il ne sait pas que c’est interdit, et chaque nuit vous recommencez. Vous ĂȘtes en train de lui apprendre que cet endroit est autorisĂ©, et adulte il y retournera. On ne peut mĂȘme pas lui en vouloir.

La mĂ©thode du “cordon ombilical”, qui consiste Ă  s’attacher au chiot toute la journĂ©e pour ne rien rater. C’est ridicule : attacher un chiot en continu revient Ă  faire de la marche en laisse en continu, c’est anxiogĂšne et contre nature, et plus la vie est anormale plus l’apprentissage est compliquĂ©. Ce qui est intelligent, en revanche, c’est de fermer les portes : au salon devant la tĂ©lĂ©vision, on lui bloque l’accĂšs aux autres piĂšces ; dans la cuisine, on ferme la porte. Il reste sous votre regard, il ne peut pas s’éclipser, et vous pouvez donc lui offrir un plan B.

La cage et la restriction d’espace. Le principe est de rĂ©duire l’espace vital pour rassurer et pour qu’il ne fasse pas lĂ  oĂč il dort. Cela fonctionne parfois, mais le danger est rĂ©el : ces chiens finissent par ne se sentir rassurĂ©s que enfermĂ©s sous un toit, et le foyer n’a plus d’effet rassurant. Cela produit aussi, de temps en temps, de l’agressivitĂ© : une fois qu’un chien a un endroit bien Ă  lui oĂč personne ne va, il le dĂ©fend, parfois au pĂ©ril de sa vie.

Le message inverse est le bon : toute la maison est rassurante, tu peux naviguer partout, et il n’y a de toilettes nulle part Ă  l’intĂ©rieur.

Un mot sur la “thĂ©orie de la taniĂšre”, appellation rĂ©cente : c’est la mĂȘme cage avec un nom plus doux. On vous expliquera que c’est son endroit Ă  lui, oĂč vous n’avez pas le droit d’aller. La rĂšgle est l’inverse : on va partout, par apprentissage, prĂ©cisĂ©ment pour Ă©viter l’accident du jour oĂč un enfant passera devant. Le bon sens veut ensuite qu’on apprenne aux gens Ă  ne pas dĂ©ranger le chien au panier, mais parce qu’on lui a appris que ce n’est pas grave si quelqu’un passe. Et si l’on rĂ©flĂ©chit un instant : la vraie taniĂšre d’un chien heureux, c’est votre maison.

La nuit, et le lieu de couchage

Les premiĂšres nuits se passent dans la mĂȘme piĂšce que vous. Pas dans le lit, mais dans la chambre, porte fermĂ©e, avec votre prĂ©sence. Il vient de quitter sa fratrie, sa mĂšre, son Ă©levage : lui ajouter la charge de se retrouver seul dans un salon inconnu chez des gens inconnus produit les deux ou trois jours d’aboiements, de pipis et de destructions que tout le monde dĂ©crit en disant “ne vous inquiĂ©tez pas, ça passera”. Cela passe, mais c’est un traumatisme inutile.

Une fois la solitude apprise, ce qui viendra vite, vous pourrez le remettre au salon si vous le souhaitez : s’il y est bien en journĂ©e, il y sera bien la nuit.

Faut-il se lever la nuit ? Cela dĂ©pend de ce que veulent vos clients. S’ils acceptent que la propretĂ© prenne un an, non. S’ils veulent un chiot propre vite, oui.

Le protocole : pipi-caca obligatoire avant le coucher, puis rĂ©veil toutes les deux heures. Les premiĂšres nuits, le chiot se rĂ©veille en mĂȘme temps que le rĂ©veil, et on sort ; au moins un pipi, et au moins un caca dans la nuit. Au bout de quatre ou cinq nuits, vous constaterez qu’il dort malgrĂ© le rĂ©veil : c’est le signal pour passer Ă  trois heures, puis quatre, puis cinq.

Ajout important : chaque fois que vous vous levez la nuit, vous rĂ©veillez le chiot, et un chiot rĂ©veillĂ© fait pipi. Sortez-le d’abord, allez aux toilettes ensuite. C’est vrai mĂȘme chez les clients qui le laissent au salon en bas.

Le panier. Il est important qu’il ait un endroit Ă  lui, mais en location : si vous voulez y aller, vous en avez le droit. En revanche, s’il prĂ©fĂšre dormir au sol ou sur un tapis les premiĂšres nuits, ne vous acharnez pas Ă  le remettre dedans : vous ne gagneriez que du stress. Le “au panier” s’apprend Ă  n’importe quel Ăąge, et ce n’est pas le chantier du moment.

Propreté et repas

Chez un tout petit, deux Ă  trois mois, il fait ses besoins dĂšs qu’il a mangĂ© : les heures fixes sont donc prĂ©fĂ©rables, parce qu’elles rendent la journĂ©e lisible. Il mange Ă  19 h, il fait Ă  19 h 30, et vers 23 h ou minuit il refait.

La rĂšgle Ă  retenir : entre deux cacas, il ne peut pas se passer plus de quatre Ă  cinq heures. Sortir Ă  19 h en espĂ©rant ne ressortir qu’à 6 ou 7 h le lendemain n’a aucune chance de marcher.

Attention aussi Ă  la surnutrition, trĂšs frĂ©quente : un chiot surnourri fait dix fois plus de crottes, et vous ne savez plus quand attendre quoi. Un chiot doit grandir avec ce dont il a besoin, mais rester fit, ce qui lui Ă©vitera par ailleurs des problĂšmes articulaires et tendineux. MĂȘme vigilance sur les friandises : de toutes petites suffisent, car vous rĂ©compensez, vous ne nourrissez pas.

Pensez enfin Ă  dĂ©limiter trois zones : nourriture, couchage, jeu. Normalement, on ne mange pas lĂ  oĂč on dort. Ce triangle n’a pas besoin d’ĂȘtre parfait, on s’adapte Ă  l’intĂ©rieur des gens, mais plus il est net, plus c’est clair pour le chiot.

Dernier levier, et il vaut pour presque tous les thĂšmes : un chiot qui sort, renifle et s’amuse rentre et dort. Un chiot qui dort ne fait pas de bĂȘtises, ne fait ni pipi ni caca, et vous laisse souffler quatre Ă  cinq heures. Vous n’avez plus besoin de sortir toutes les heures, et surtout vous passez de cinquante “non” par jour Ă  quatre ou cinq, qui auront alors une vraie valeur.

Propreté et punition

Jamais le museau dans les excrĂ©ments. D’abord parce que c’est lĂ  que sont les bactĂ©ries, et que vous rendrez le chiot malade. Ensuite parce que vous risquez de lui faire comprendre que ce qui vous gĂȘne n’est pas qu’il ait fait, mais que vous l’ayez vu. Il fera alors disparaĂźtre la preuve : coprophagie, et parfois mĂȘme ingestion de l’urine.

Pas non plus de mise sur le dos ni de manipulation brutale : cela ne sert Ă  rien.

La punition tient en un mot : le “non”, qui doit sonner diffĂ©remment du “oui”, et rester exceptionnel. Si vous l’employez soixante fois par jour, le problĂšme n’est pas la propretĂ©, c’est le mode de vie.

Et le protocole reste toujours le mĂȘme : non, on prend, on va dehors, on attend qu’il finisse, on rĂ©compense.

La problématique du maßtre

C’est un point de relation autant que de technique. Annoncer qu’il faudra se lever toutes les deux heures n’est pas Ă©vident Ă  entendre ; refuser la cage que quelqu’un a recommandĂ©e non plus.

La seule façon d’avancer est de poser le choix clairement : soit une propretĂ© rapide avec ce protocole, soit toutes les rĂšgles s’assouplissent et le chien sera propre plus tard, de façon plus alĂ©atoire, dans un dĂ©lai qui peut s’étirer trĂšs loin. Sans l’approbation du maĂźtre, vous ne vous en sortirez pas.

Rassurez-les aussi : vous formez une Ă©quipe avec eux, et en collaborant, l’apprentissage va trĂšs vite. Formulez le choix en une phrase : dans trois semaines il est propre, au sens oĂč il a compris (les sphincters suivront plus tard), ou bien il aura compris la propretĂ© Ă  la prochaine pleine lune.

Propreté ou marquage

Distinction essentielle, surtout chez l’adolescent et l’adulte. Un chien qui marque n’est pas un chien qui ne maĂźtrise pas la propretĂ© : il dĂ©pose des odeurs et des phĂ©romones, ce qui n’a rien Ă  voir. Le marquage urinaire est un sujet Ă  part entiĂšre.

Les cas particuliers

Les causes médicales

À garder en tĂȘte avant de se lancer dans un apprentissage, en s’adaptant Ă  l’ñge du chien : ces causes ne concernent Ă©videmment pas un chiot de huit semaines.

La cystite est le cas le plus frĂ©quent : le chien a du mal Ă  se retenir. Viennent ensuite le syndrome PU/PD (augmentation de la prise de boisson et de l’émission d’urine), dont les causes peuvent ĂȘtre une insuffisance rĂ©nale, un pyomĂštre ou un diabĂšte ; les problĂšmes prostatiques chez le mĂąle non castrĂ©, la prostate pouvant fortement augmenter de taille ; les infections du pĂ©nis et du fourreau ; les polypes vĂ©sicaux et les fibromes vaginaux, qui gĂȘnent mĂ©caniquement la fermeture des sphincters ; les malformations comme l’uretĂšre ectopique, qui s’abouche au mauvais endroit et rend le chien incontinent dĂšs le plus jeune Ăąge ; les problĂšmes neurologiques, hernie discale par exemple, gĂ©nĂ©ralement accompagnĂ©s d’autres signes cliniques ; et le dĂ©sĂ©quilibre hormonal, l’incontinence par insuffisance en ƓstrogĂšnes pouvant apparaĂźtre des mois ou des annĂ©es aprĂšs une stĂ©rilisation par retrait des ovaires.

Ce dernier point est la deuxiĂšme grande cause. Le signal d’alerte est simple : le chien fait pipi en dormant. Deux options alors : il a Ă©tĂ© stĂ©rilisĂ©, et cela se traite ; ou il rĂȘve, et il ne se gĂšre plus pendant son sommeil. Plus la race est gĂ©ante, plus le risque d’incontinence aprĂšs stĂ©rilisation est Ă©levĂ©.

La malpropreté

La propreté est intimement liée à la gestion de la solitude et au stress. Un chiot qui stresse fait pipi et caca.

Le mĂ©canisme le plus frĂ©quent : vous rentrez du travail, il a fait, vous ĂȘtes fĂąchĂ©. Il ne peut pas comprendre que vous ĂȘtes fĂąchĂ© Ă  cause de ça ; il comprend que votre retour est un mauvais moment. Il se met alors Ă  stresser de votre retour, donc Ă  faire ses besoins, ou Ă  dĂ©truire. On rentre toujours avec le sourire.

Un cas plus lourd : les chiots d’animalerie. Ils ont vĂ©cu dans un box oĂč ils buvaient, mangeaient, dormaient et Ă©liminaient au mĂȘme endroit. La logique innĂ©e a Ă©tĂ© dĂ©truite, et ils font lĂ  oĂč ils dorment.

Pour ceux-lĂ , la conduite est particuliĂšre. Cage et restriction d’espace sont Ă  proscrire absolument, puisque c’est exactement ce qu’ils ont subi. On Ă©carte au maximum le triangle eau, nourriture, couchage, jeu, et on est ici beaucoup plus strict qu’ailleurs : sans vraies ruptures d’espace, c’est perdu d’avance. On part ensuite immĂ©diatement en extĂ©rieur pour voir ce qui se passe, s’il a peur ou non, et on renforce fortement les bons comportements dehors.

Sur ces cas, le simple “non” ne suffit parfois pas et doit ĂȘtre renforcĂ© : une bouteille contenant quelques cailloux, qu’on secoue au moment du “non” (jamais lancĂ©e sur le chien), produit un bruit assez marquant pour interrompre, ce qui permet de sortir et d’attendre qu’il finisse.

Les pipis d’émotion

Pipi de joie, pipi de peur : ce n’est pas de la propretĂ©, c’est de la gestion des Ă©motions. Le chiot ne se contrĂŽle pas.

On ne dispute jamais un chien pour un pipi d’émotion. Il est inutile aussi de le sortir pour qu’il finisse : ce n’est pas le sujet.

Ce qui se travaille : les autocontrĂŽles, la frustration, la capacitĂ© Ă  renoncer. ConcrĂštement, on apprend au chien Ă  monter en excitation puis Ă  redescendre d’un coup, et c’est ce relĂąchement qui rĂ©duit puis Ă©limine les pipis d’émotion.

En parallĂšle, on fait retomber la pression : quand vous rentrez, ne le regardez pas tout de suite, attendez que ça s’apaise, puis caressez calmement. Si vous vous projetez sur le chiot en manifestant votre joie, vous l’empĂȘchez d’apprendre Ă  se relaxer. Sur un chiot qui fait pipi de peur, demandez aux maĂźtres de rĂ©tropĂ©daler : le “non” est peut-ĂȘtre trop ferme, ou trop frĂ©quent, ou il y a un stress ambiant Ă  retirer.

Le refus de faire ses besoins dehors

Point capital, que vous rencontrerez : un chien ne fait ses besoins que dans un endroit qui le rassure.

Si le chiot ne sort pas assez, si le monde extĂ©rieur lui fait peur, vous pouvez rester cinq heures dehors, il ne se passera rien : il attendra d’ĂȘtre rentrĂ© dans son foyer. Dans ce cas, on ne travaille plus la propretĂ©, on rĂšgle d’abord la peur de l’extĂ©rieur. Sans cela, l’apprentissage Ă  l’intĂ©rieur ne se rĂ©glera pas non plus.

La coprophagie

Un problĂšme, une dizaine de causes possibles : mauvais apprentissage, ennui, chien qui obtient toujours satisfaction et ne gĂšre pas sa frustration, manque d’occupation, imitation de la mĂšre, Ă©lĂ©ments appĂ©tants dans les excrĂ©ments, volontĂ© de cacher sa prĂ©sence, carences, troubles neurologiques, hypercorticisme, maladie inflammatoire chronique de l’intestin, diabĂšte sucrĂ©, parasites intestinaux, prolifĂ©ration bactĂ©rienne intestinale.

La méthode : commencer par la plus simple à éliminer et remonter la boucle.

D’abord le vermifuge : si ce sont des vers intestinaux, c’est rĂ©glĂ© immĂ©diatement. Ensuite, les questions d’observation : mange-t-il ses propres excrĂ©ments ou ceux des autres, et lesquels (chiens, chats, animaux sauvages) ? Et oĂč ? S’il ne le fait que sur ses propres crottes, toujours au mĂȘme endroit de balade, il cherche peut-ĂȘtre Ă  cacher sa prĂ©sence. S’il ne le fait que dans le jardin, il vous dit peut-ĂȘtre que le jardin est trop sale et qu’il ne peut plus “nettoyer” ; ou qu’il ne sort pas assez et s’ennuie ; ou encore qu’il a compris que ce geste dĂ©clenche immanquablement une rĂ©action de son maĂźtre, donc une interaction.

Pensez enfin aux causes matérielles : un chiot a un intestin et un estomac immatures, et un chien qui mange trop laisse des morceaux appétants dans ses selles. Et les carences en minéraux et en vitamines comptent, les excréments en étant riches.

Chez le chiot qui imite sa mùre, la coprophagie est banale jusqu’à quatre mois environ. Au-delà, cela devient un sujet.